Paul St-Pierre Plamondon croit être le mieux placé pour mener le PQ à l’ultime victoire de l’indépendance en ralliant à la fois ceux qui ont coché non au dernier référendum et ceux qui étaient alors trop jeunes pour voter.
Paul St-Pierre Plamondon croit être le mieux placé pour mener le PQ à l’ultime victoire de l’indépendance en ralliant à la fois ceux qui ont coché non au dernier référendum et ceux qui étaient alors trop jeunes pour voter.

Paul St-Pierre Plamondon veut être le plus rassembleur

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Le Parti québécois choisira son nouveau chef le 9 octobre, deux ans après la démission de Jean-François Lisée. Au cours des quatre dernières semaines de cette course marathon, Le Soleil vous présentera les quatre candidats en lice pour mener le PQ aux élections générales de 2022. Aujourd’hui : Paul St-Pierre Plamondon

«Toute ma famille a voté non, en 1995. J’étais le seul à voter oui. Au point où mon père a refusé d’aller me reconduire au bureau de scrutin! J’y suis allé à pied. Et pour casser les pieds de mon père, j’ai mis mon manteau des Patriotes, mon équipe de ballon-balai au Collège Notre-Dame. On avait les couleurs des Nordiques, mais avec le dessin du patriote avec sa tuque et sa pipe.»

Le jeune Paul St-Pierre Plamondon avait 18 ans, votait pour la première fois. Vingt-cinq ans plus tard, il tente pour une deuxième fois d’être élu chef du Parti québécois et promet de tenir un nouveau référendum sur la souveraineté du Québec dans un premier mandat.

«Aujourd’hui, mon père est membre du Parti québécois. Ma mère aussi. Parce que les Québécois qui ont voté non de bonne foi en 1995, en pensant que c’était le bon choix pour assurer la prospérité économique du Québec, pour donner un meilleur avenir à leurs enfants, ils ont fait le bilan négatif de l’époque Charest-Couillard et du déclin du Québec sur les plans linguistique et économique. Si c’était à refaire, mes parents voteraient oui!» affirme M. St-Pierre Plamondon.

Faire fi de l’axe droite-gauche

Celui que les initiés désignent par ses initiales, PSPP, croit être le mieux placé pour mener le PQ à l’ultime victoire de l’indépendance en ralliant à la fois ceux qui ont coché non au dernier référendum et ceux qui étaient alors trop jeunes pour voter.

La capacité à rassembler. Sa principale qualité pour devenir le 10chef élu du PQ, croit-il.

«Au-delà des idées précises, la question de fond est de savoir qui incarne un avenir pour le Parti québécois? Qui a démontré sur les neuf mois de campagne qu’il est capable de vendre des cartes de membre, d’aller chercher du financement, de rassembler? Le mot rassembler me semble très, très important», souligne l’avocat de 43 ans, père de deux jeunes enfants.

Unir les générations. Coaliser conservateurs et progressistes. «La seule façon que le pays va se faire, c’est si on passe outre les différences qu’on peut avoir sur l’axe gauche-droite. On aura ensuite des décennies pour régler ce problème! Mais si on veut y arriver, il faut faire une place pour ces courants», dira-t-il.

Relance économique régionale

Aussi relier la métropole Montréal aux autres régions du Québec.

Pour atténuer les effets négatifs de la pandémie, M. St-Pierre Plamondon propose un plan de relance économique régionale en sept points.

Les principaux : aide gouvernementale directe aux entreprises touristiques pour payer leurs frais fixes; investir auprès des petites compagnies aériennes québécoises pour rétablir le transport régional par avion; brancher au plus vite l’Internet haute vitesse partout; favoriser beaucoup plus l’agriculture en serres.

«Comment voulez-vous que les régions aient une relance et une vigueur économiques si elles ne sont pas branchées à Internet et n’ont pas de moyen de transport pour communiquer avec le reste de l’Amérique du Nord?» se questionne-t-il.

«Malheureusement, on ne s’est pas remis du travail de centralisation et de saccage des libéraux. À la CAQ, il y a un bon nombre de députés libéraux et ça paraît dans leur façon de ne pas réagir dans le contexte d’une relance économique régionale qui devrait déjà être en place.»

M. St-Pierre Plamondon reprendrait à son compte la promesse de la CAQ de relocaliser 5000 emplois de la fonction publique hors des grands centres. «Une excellente manière de favoriser la vigueur économique régionale», selon lui.

L’indépendance, question d’argent

Plus que de démontrer les discordances aux plans de la langue et de la culture entre le Québec et le reste du Canada, M. St-Pierre Plamondon veut «rendre un discours économique beaucoup plus visible», s’il devient chef du PQ.

Cela «en publiant rapidement un budget de l’an un d’un Québec indépendant».

«Tout le monde constate le déclin linguistique et culturel depuis 1995, mais les gens voient moins bien l’intérêt économique du Québec qui n’est pas servi dans le Canada. On prend nos impôts pour dédoubler des services qu’on donne déjà comme gouvernement du Québec et simplement pour créer de la loyauté envers le Canada.»

Plus que la déclaration de revenus unique, réclamée par François Legault et qui ferait économiser 400 millions $ au Québec par année, PSPP souligne les gains à faire «en négociant nous-mêmes nos traités». L’aluminium négligé au profit de l’acier dans le nouvel accord de libre-échange Canada-États-Unis-Mexique, le secteur agroalimentaire, le chantier naval Davie de Lévis qui perd trop de contrats aux mains des Maritimes.

«Si on chiffre tout ça, je pense que les Québécois seront surpris de voir combien on laisse sur la table. En plus d’endurer le mépris canadien et de constater le déclin sur le plan linguistique et culturel. C’est une question d’argent, l’indépendance! Le PQ n’a pas assez dit ça dans les dernières années et je veux le chiffrer», conclut celui qui avait terminé quatrième de la précédente course à la chefferie, en 2016, voyant M. Lisée l’emporter.