Le premier ministre Mark Rutte

«N’essayez pas» le cannabis, plaide le PM néerlandais en visite au Canada

OTTAWA — Même si son pays est vu comme l’eldorado du cannabis en Europe, le premier ministre néerlandais Mark Rutte est catégorique : «n’en fumez pas du tout!» a-t-il lancé jeudi en visite au Canada, une semaine après sa légalisation dans ce pays.

Aux Pays-Bas, la possession, la consommation et la vente au détail de moins de cinq grammes de cannabis, dans des coffee shops, sont tolérées depuis 1976, et cet État européen est une destination de prédilection des amateurs de cannabis depuis longtemps.

Mais pour son premier ministre, mieux vaut se tenir loin des joints.

Appelé à commenter la légalisation de cette drogue douce au Canada, il a raconté l’histoire d’un proche dont la surconsommation de cannabis a eu de graves conséquences sur sa santé mentale. «La marijuana d’aujourd’hui est bien plus forte [qu’avant] et est mauvaise pour la santé, surtout des jeunes», a-t-il observé.

«La meilleure politique qu’on puisse s’imposer à soi-même sur la drogue est d’éviter la première fois. Cela peut sembler conservateur, mais je vous le conseille: n’essayez pas du tout!» a lancé M. Rutte aux lycéens canadiens devant lesquels il s’exprimait aux côtés de son homologue Justin Trudeau.

«Et si vous essayez, faites en sorte au moins de ne pas passer de ça [le cannabis] à d’autres drogues», a-t-il observé, répétant que «le plus important, c’est que les gens ne passent pas de la marijuana à des drogues très dures» comme la cocaïne ou l’héroïne.

Par rapport au Canada, «nous avons une approche différente qui n’est pas tout à fait un succès», a reconnu le premier ministre néerlandais, indiquant que son gouvernement étudiait une réforme en la matière.

«Le problème c’est que les coffee shops ne peuvent pas obtenir de l’herbe de manière légale», car la loi ne le permet pas, a-t-il noté, indiquant qu’un projet pilote était mené dans 10 villes. Le dirigeant hollandais a souligné que «95% de la marijuana qui pousse aux Pays-Bas» partait dans d’autres pays européens et que cette réalité devait «se retrouver dans notre politique» à l’étude.