Le ministre des Finances, Carlos Leitão, fait valoir que certaines familles profiteront d’une réduction totale annuelle de son fardeau fiscal de 1200$ en comptant le versement qu’elle recevra, tous les mois de juillet, d’un supplément de 100$ par enfant d’âge scolaire. Pour l’année en cours, ce supplément sera versé en janvier 2018.

Mise à jour économique: plus de 1000 $ pour certaines familles

Le gouvernement de Philippe Couillard s’empare un peu plus du thème de la famille à moins d’un an des élections générales — un thème que mousse fortement la Coalition avenir Québec.

Combinées aux mesures budgétaires de mars dernier, celles annoncées mardi dans la Mise à jour économique et financière se traduiront dès cette année par une baisse du fardeau fiscal de plus de 1000 $ annuellement pour une famille où chaque conjoint gagne 44 500 $. Attention : en deçà d’un revenu familial de 89 000 $, le gain ne sera pas aussi élevé, loin de là même pour plusieurs.

Les premiers dollars gagnés seront dorénavant imposés à 15 % au lieu de 16 %, le taux le plus bas des 30 dernières années. Cette baisse d’impôt représente une réduction additionnelle du fardeau fiscal des particuliers de près d’un milliard de dollars par année.

Le ministre des Finances, Carlos Leitão, fait valoir que sa famille témoin profitera d’une réduction totale annuelle de son fardeau fiscal de 1200 $ en comptant le supplément de 100 $ qu’elle recevra tous les mois de juillet pour chacun de ses deux enfants d’âge scolaire. Pour l’année en cours, ce supplément sera versé en janvier.

Taxe santé

Pour une famille dont les deux conjoints gagnent chacun 62 500 $, et ayant deux enfants, la réduction est à peu près la même. Elle s’élève à 1266 $ annuellement. Ce qui permet d’atteindre cette somme, ce ne sont pas seulement les 100 $ pour les fournitures scolaires et la réduction du premier palier d’imposition à 15 %. C’est aussi l’abolition de la taxe santé annoncée au printemps.

La réduction à 15 % du premier taux d’imposition correspond à un gain de 278 $ pour un contribuable gagnant au moins 42 705 $.

Les contribuables ne payant pas d’impôt — lesquels représentent 40 % du total — devront compter sur le troisième Plan de lutte contre la pauvreté que le ministre François Blais dévoilera sous peu. Doté d’une enveloppe de plus de 2,5 milliards $, il prendra pleinement effet en 2022-2023.

Dès 2017-2018, cependant, il permettra de bonifier les prestations d’aide financière de dernier recours et du programme Objectif emploi. À partir de l’an prochain, 14 millions $ permettront de hausser les incitations au travail, une somme qui s’élèvera à 55 millions $ en 2022-2023. La Prime au travail sera plus généreuse et ses critères d’obtention, élargis.

Dans six ans, 100 000 personnes de plus devraient sortir de la pauvreté, réitère le gouvernement.

L’objectif est non seulement chiffré, il sera «vérifiable», a garanti le ministre de la Solidarité sociale. L’accent sera mis sur les personnes seules et les couples sans enfant.

Des mesures seront mises de l’avant pour «favoriser l’accès au logement, à la culture, à la justice, ainsi que pour assurer une plus grande sécurité alimentaire», peut-on lire dans les documents gouvernementaux.

Des orthophonistes

«Les nouvelles sont bonnes», a lancé Carlos Leitão à trois jours du début d’un grand congrès du Parti libéral du Québec.

«Le contexte favorable n’est pas le fruit du hasard. Nous avons posé des gestes importants pour remettre la maison en ordre. Toutes les familles du Québec doivent pouvoir profiter et vont pouvoir profiter davantage, dans les années à venir, des fruits de cette croissance.»

Présentant ses chiffres sur six ans, le ministre des Finances a annoncé 630 millions $ supplémentaires pour les services de santé. Sont visées : la prévention des dépendances, notamment au cannabis; l’amélioration des services auprès des aînés dans les hôpitaux et les CHSLD, ainsi que la bonification des services en santé mentale.

Au total, la croissance des dépenses en santé sera en hausse. Elle devrait s’établir à 4,2 % en 2017-2018. C’est tout de même en deçà de l’objectif de 5 %.

Le gouvernement ajoute par ailleurs 212 millions $ afin de recruter, d’ici six ans, 500 spécialistes de plus dans les écoles du Québec, notamment des orthophonistes et des orthopédagogues. Il ajoute également 125 millions $ «pour appuyer la qualité éducative dans les services de garde et pour favoriser l’égalité des chances pour tous les jeunes enfants».

Il annonce par ailleurs, toujours d’ici 2022-2023, 660 millions $ afin de mieux soutenir «l’économie des régions», un classique.

Avec cette Mise à jour économique et financière, le ministre des Finances affirme honorer l’engagement de son gouvernement de retourner la moitié des surplus budgétaires en baisse d’impôt. La réduction totale du fardeau fiscal s’élèvera à 2,3 milliards $ d’ici au 31 mars, alors que les surplus accumulés depuis 2014 dans la réserve de stabilisation se chiffrent à 4,5 milliards $.

Le budget de l’État québécois est de plus de 104 milliards $.

Dans un autre ordre d’idées, Carlos Leitão a confirmé que son gouvernement modifiera l’actuel régime de taxation scolaire.

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L’OPPOSITION IRONISE ET FUSTIGE

Les intentions de vote ont fait voir la lumière aux libéraux de Philippe Couillard, affirme la Coalition avenir Québec.

Sans les «mauvais sondages, le mauvais résultat des libéraux dans la partielle de Louis-Hébert et l’approche des élections, le PLQ n’aurait pas repris ces idées de la CAQ», a réagi le caquiste François Bonnardel à la Mise à jour économique et financière.

«Après avoir talonné le premier ministre pendant des mois, des années, enfin il a vu la lumière!» s’est écrié son chef, François Legault.

Carlos Leitão a visé la CAQ en affirmant que le gouvernement ne pouvait baisser les impôts en 2015, alors que la situation était plus précaire. Il a jugé irresponsables les appels du pied passés de François Legault.

Pour le Parti québécois et Québec solidaire, le gouvernement distribue des cadeaux après avoir fait souffrir les Québécois par les compressions budgétaires inconsidérées qu’il a imposées.

Le péquiste Nicolas Marceau parle d’une «insulte à l’intelligence», d’une «manœuvre électorale». Le gouvernement finance sa prochaine campagne électorale à même la «souffrance des Québécois», a-t-il dit.

Les libéraux «ont ressorti le petit manuel de la vieille politique», a commenté le solidaire Gabriel Nadeau-Dubois. Ils ont «utilisé les surplus accumulés sur le dos des gens pour les redistribuer en baisses d’impôt à la veille des élections».