Abolir le CRTC, privatiser Postes Canada ou diminuer le financement de CBC/Radio-Canada sont quelques-unes des promesses de Maxime Bernier et du Parti populaire du Canada.

Maxime Bernier lance la campagne du Parti populaire en Beauce

STE-MARIE — Maxime Bernier a officiellement lancé, dimanche, la première campagne nationale de son Parti populaire du Canada (PPC) dans son fief de la Beauce. L’immigration et le débat des chefs sont les deux thèmes qui ont monopolisé l’attention des partisans et des candidats rassemblés au Centre Caztel de Sainte-Marie.

Avant même que les discours ne débutent, la foule de quelques centaines de personnes a réchauffé l’atmosphère en scandant en cœur «Liberté!» et «Au débat!». Leur chef tente encore d’obtenir sa place aux débats des chefs télévisés.

D’ailleurs, Maxime Bernier s’est adressé directement au commissaire des débats des chefs David Johnston.

D’après M. Bernier, les autres grands partis politiques refusent de débattre avec lui parce qu’ils ont peur de la croissance de ses appuis et surtout parce que le PPC défend des idées différentes et qu’il fait les choses autrement.

Immigration et bureaucratie

Maxime Bernier a insisté sur la volonté du PPC de réduire la taille de l’État et de la bureaucratie. Il a notamment promis d’abolir le CRTC, de privatiser Postes Canada, de diminuer le financement de CBC/Radio-Canada et d’abolir les subventions aux entreprises.

Au cours des derniers jours, des panneaux affichant le slogan «Dites non à l’immigration de masse» sont apparus dans plusieurs provinces. Bien qu’ils affichent le nom et le visage du chef, de même que le logo du PPC, le parti maintient qu’il n’a rien à voir avec l’initiative. Toutefois, Maxime Bernier l’approuve entièrement. «Je suis choyé qu’un Canadien veuille faire la promotion d’une de nos politiques!» a-t-il affirmé. 

Les Beaucerons hésitent

Député de Beauce depuis 2006, Maxime Bernier a tourné le dos au Parti conservateur du Canada l’automne dernier pour fonder sa propre formation politique. Il qualifie aujourd’hui son ancienne famille politique de «moralement et éthiquement corrompue».

Cette désaffection pourrait cependant compliquer les choses pour sa réélection. Plusieurs électeurs rencontrés à Sainte-Marie ont affirmé qu’ils étaient hésitants ou même qu’ils allaient carrément abandonner le député qu’ils soutiennent depuis plus d’une décennie.

Plusieurs autres personnes ont aussi souligné leur penchant pour le nouveau candidat conservateur, Richard Lehoux, un producteur laitier qui tient au système de gestion de l’offre qui régit l’industrie laitière et que souhaite abolir Maxime Bernier.

Le chef du PPC a reconnu que la lutte sera serrée, mais qu’il carbure à la compétition. «Je vais passer un bon bout de temps en Beauce parce que je ne tiens rien pour acquis», a-t-il annoncé.

Du «courage»

Des partisans venus de l’extérieur de la Beauce pour entendre le chef de leur nouveau parti.

«Ce sont ses idées de liberté d’agir, de penser, d’avoir moins d’État dans nos institutions et plus d’argent dans nos poches», a confié Lucille Beaudet venue de Saint-Nicolas.

Près d’elle, Daniel Bouchette arrivait de Québec. Pour lui, c’est le courage de Maxime Bernier qui l’épate. «Il aurait pu s’asseoir sur ses lauriers en étant certain d’être réélu, mais il a eu le courage de lancer un nouveau parti pour faire les choses différemment», a-t-il mentionné en qualifiant le PPC de bouffée de fraîcheur.