Pour le député caquiste Jean-François Roberge, la cadence d’ouverture de ces classes est beaucoup trop lente et cible seulement certaines familles.

Maternelles 4 ans: la CAQ accuse les libéraux de ralentir

La Coalition avenir Québec (CAQ) accuse le gouvernement libéral de ralentir la cadence de création de nouvelles classes de maternelle 4 ans.

Alors que l’an dernier, le gouvernement a consacré 11 millions $ pour ouvrir 100 nouvelles classes dédiées aux tout-petits, une somme de 5,6 millions $ est prévue à cet effet en 2018, selon une note de bas de page du Plan d’action gouvernemental pour l’inclusion économique et la participation sociale. 

«Il y aura suffisamment d’argent pour faire les classes nécessaires», a soutenu M. Proulx à la période de questions, sans préciser toutefois combien de classes de maternelle 4 ans ouvriront en septembre. Son objectif est toujours de le faire dans les milieux défavorisés, en complémentarité avec les garderies et les Centres de la petite enfance existants. 

Plus tard en journée, Marie Deschamps, l’attachée de presse du ministre Proulx, a indiqué au Soleil que d’autres sommes sont prévues au budget pour le déploiement des maternelles 4 ans, mais que les détails seront dévoilés seulement lors d’une annonce officielle.  

Pour le député Jean-François Roberge, la cadence d’ouverture de ces classes est beaucoup trop lente et cible seulement certaines familles. «Au nouveau rythme, ça va prendre 100 ans avant d'offrir la prématernelle quatre ans à tous. Mes petits-petits-enfants vont peut-être y aller, s'ils sont dans un code postal défavorisé. C'est ridicule!» a-t-il lancé. 

M. Roberge soutient que les enfants aux prises avec des difficultés d’apprentissage précoces, des handicaps ou le trouble du spectre de l’autisme n’habitent pas nécessairement dans des quartiers défavorisés. Le ministre Proulx répond qu’il comprend cet «enjeu» des codes postaux de certains enfants et qu’il «cherche des solutions». 

La CAQ souhaite quant à elle offrir à tous les enfants de 4 ans une place dans une classe de maternelle, car elle croit qu’il s’agit du meilleur moyen pour détecter rapidement les difficultés d’apprentissage. 

Écoles vétustes

Le ministre Proulx a également défendu son gouvernement jeudi sur la question de la vétusté des écoles. Environ la moitié des écoles primaires et secondaires sont dans un mauvais ou un très mauvais état au Québec. Ce portrait des infrastructures scolaires est bien pire que celui des routes ou des établissements de santé par exemple. 

M. Proulx croit qu’«il s’est fait des choix dans le passé différents par rapport à ça», parce que l’éducation n’a pas toujours été la priorité de la population. «Je pense pas que c’est une affaire de libéraux, je pense que c’est une affaire de société.»

Il est confiant que le Québec est «capable de renverser la tendance» et que son «plan de réhabilitation des écoles» donnera des résultats. Le ministère de l’Éducation débloque maintenant les budgets plus tôt dans l’année pour les commissions scolaires et celles-ci tentent de réaliser des travaux pas seulement durant l’été, mais durant le temps des Fêtes ou la relâche scolaire. 

M. Proulx a également expliqué que les 900 millions $ dédiés à la rénovation des écoles n’ont pas été complètement dépensés l’an dernier parce que l’argent est prévu sur une période de 4 ans.