Marguerite Blais, 67 ans, a été élue députée du Parti libéral du Québec dans Saint-Henri-Sainte-Anne en 2007, en 2008, en 2012 et en 2014. Elle a été ministre responsable des Aînés sous le gouvernement de Jean Charest d’avril 2007 à septembre 2012.

Marguerite Blais passe à la CAQ

Malgré de nombreux appels des libéraux de Philippe Couillard, l’ex-ministre libérale Marguerite Blais a confirmé lundi à François Legault qu’elle sera candidate de la Coalition avenir Québec (CAQ) lors des prochaines élections générales. Elle défendra les couleurs de la CAQ dans la circonscription de Prévost.

C’est un coup fumant que vient de réussir le parti de François Legault.

Mme Blais a souvent été critique des décisions du gouvernement de Philippe Couillard depuis qu’elle a quitté la vie politique active, en septembre 2015. Mais personne ne pouvait imaginer un tel scénario.

«Le courant est passé», dit-on, entre elle et le député François Paradis, porte-parole de la CAQ en santé, ainsi qu’entre elle et M. Legault et l’épouse de celui-ci, Isabelle Brais.

Philippe Couillard ainsi que les ministres Christine St-Pierre et Dominique Anglade ont tenté ces derniers temps de convaincre Marguerite Blais de faire un retour chez les libéraux. Sans succès.

Mme Blais, 67 ans, a été élue députée du Parti libéral du Québec dans Saint-Henri–Sainte-Anne en 2007, en 2008, en 2012 et en 2014. Elle a été ministre responsable des Aînés sous le gouvernement de Jean Charest d’avril 2007 à septembre 2012. À son arrivée au pouvoir, Philippe Couillard ne l’a pas nommée au Conseil des ministres. Elle a été écartée.

Elle habite la circonscription de Prévost, dans la région des Laurentides, là où elle entend se présenter. Le candidat du Parti québécois dans cette circonscription est Paul St-Pierre Plamondon. Le Parti libéral du Québec sera représenté par Naömie Goyette.

Étonnement

L’étonnement dominait, mardi, sur la Colline parlementaire. La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a laissé tomber qu’elle aurait davantage imaginé Mme Blais chez Québec solidaire. Son collègue de la Santé, Gaétan Barrette, a évoqué une incompatibilité intellectuelle entre elle et son parti d’adoption.

«Ça arrive ces transferts d’un parti à l’autre», a dit le premier ministre Philippe Couillard en rappelant que Gaétan Barrette et Dominique Anglade sont des anciens caquistes.

Pour le solidaire Gabriel Nadeau-Dubois, l’arrivée de Mme Blais à la CAQ illustre l’existence de «portes tournantes» entre le parti de François Legault et les libéraux.

La vice-chef du Parti québécois, Véronique Hivon, juge la décision de l’ex-ministre libérale «assez incroyable», elle qui était «réputée la plus progressiste des libéraux».

Chez les caquistes, un interlocuteur insiste sur le fait que la CAQ est une «coalition»; qu’elle peut tout aussi bien accueillir dans ses rangs Marguerite Blais que Youri Chassin, qui a œuvré à l’Institut économique de Montréal.