Ce n’est pas la première fois qu’Agnès Maltais tente qu’un groupe de travail composé de parlementaires examine les méthodes d’endoctrinement de sectes structurées.

Maltais s'attaque aux dérives sectaires des religions

L’État devrait assurer un meilleur soutien aux victimes des groupes à dérives sectaires, croit la députée péquiste Agnès Maltais, qui fait appel aux citoyens pour appuyer une pétition qu’elle entend déposer avant l’été.

Mme Maltais passe de nouveau à l’action pour que le gouvernement étudie le problème des groupes à dérives sectaires, comme les Témoins de Jéhovah ou l’Église de scientologie. 

«J’ai essayé le mandat d’initiative, le Parti libéral l’a bloqué. J’essaie maintenant la pétition, mais ça veut dire que ce sont les citoyens qui s’emparent de la discussion», a-t-elle expliqué. 

«Est-ce que, sous couvert de la liberté de religion, on accepte que des choses se passent qui autrement seraient considérées comme illégales? Est-ce que sous couvert de la liberté de religion, on empêche que les enfants aient accès à l’éducation? Qu’on permet qu’il y ait des tribunaux internes, alors que c’est contre la loi au Québec», a questionné la porte-parole de l’opposition en matière de laïcité. 

Mme Maltais participait lundi à Montréal au lancement d’une pétition pour réclamer de nouveau que le gouvernement entame une réflexion sur les groupes à dérives sectaires. L’initiative est celle de la tante d’Éloïse Dupuis, cette jeune mère membre des Témoins de Jéhovah qui est décédée après avoir refusé une transfusion sanguine.  

La députée péquiste a bon espoir que le projet suscite un débat de société et que les partis politiques soient forcés de se positionner. 

«Il faut un groupe de travail, mandaté par le gouvernement, qui débatte de cette question. Il faut qu’on entende les experts, il faut qu’on entende les citoyens qui ont vécu et qu’on trouve les difficultés que vivent les personnes qui sont dans les groupes ou qui en sortent», a défendu Mme Maltais, convaincue que le gouvernement doit agir de façon responsable pour protéger une partie de la population, particulièrement les gens plus vulnérables. 

Celle-ci précise qu’une gouvernement péquiste étudierait la question s’il était porté au pouvoir à l’automne. 

Pas une première

Ce n’est pas la première fois qu’Agnès Maltais tente qu’un groupe de travail composé de parlementaires examine les méthodes d’endoctrinement de sectes structurées. En décembre 2017, le député libéral Pierre Reid s’était montré intéressé à l’idée d’une commission parlementaire, mais jusqu’en février dernier, on ne s’entendait toujours pas sur la place que devait occuper un tel groupe de travail, si bien que le projet est resté lettre morte depuis. 

Reste que la députée de Taschereau n’a pas l’intention de baisser les bras et compte bien déposer la pétition, qui est accessible sur le site Internet de l’Assemblée nationale jusqu’au 11 juin. Elle dit «avoir espoir» que le prochain gouvernement traite du fond du problème.