L'opposition réclame que Justin Trudeau lève toute restriction liée au secret du cabinet afin que l'ex-ministre de la Justice puisse aussi parler de la courte période où elle était devenue ministre des Anciens Combattants.

L'opposition tente de raviver l'affaire SNC-Lavalin au comité de l'éthique

OTTAWA — Une fois de plus l'opposition à Ottawa a remis son métier sur l'ouvrage. Mais en vain.

Mardi après-midi, c'est au comité de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique que conservateurs et néo-démocrates tentaient de maintenir en vie l'affaire SNC-Lavalin.

Ils ont longuement livré leurs arguments mais en moins de deux heures au comité, les députés libéraux, majoritaires, ont rejeté toutes leurs demandes.

L'opposition cherchait à convoquer les deux ex-ministres Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott devant le comité avant le 5 avril. Elle réclamait, encore, que Justin Trudeau lève toute restriction liée au secret du cabinet afin que l'ex-ministre de la Justice puisse aussi parler de la courte période où elle était devenue ministre des Anciens Combattants.

Celui que les partis d'opposition voyaient comme un allié, le libéral Nathaniel Erskine-Smith, n'a pas voulu les suivre jusque-là. Selon le député libéral, il faut attendre que le comité de la justice complète son travail d'abord. Or, ce comité devrait avoir en main, cette semaine, des courriels et des informations supplémentaires fournies par Mme Wilson-Raybould.

La démarche de l'opposition est «prématurée», à son avis.

L'opposition, elle, a martelé que cette histoire est loin d'être finie. Le conservateur Jacques Gourde a appelé les libéraux à «crever l'abcès», même si «ça fait mal» et même si «ça ne sent pas bon».

Lundi, on apprenait que Mme Wilson-Raybould avait eu un autre conflit avec le premier ministre; en 2017, celui-là. Elle avait alors, selon les sources de La Presse canadienne, cherché à nommer un juge manitobain pour remplacer la juge en chef de la Cour suprême du Canada.

Le juge Glenn Joyal, choisi par la ministre, aurait été directement nommé juge en chef, ce qui aurait été plutôt exceptionnel. Et puis, la tradition veut qu'il y ait alternance à ce poste d'un juge du Canada anglais et d'un juge du Québec, pour refléter la nature du droit canadien où on retrouve le Code civil et la Common Law.

Le juge Joyal aurait également fait sourciller au bureau du premier ministre à cause de ses prises de position sur la Charte des droits et libertés.

C'est le Québécois Richard Wagner, juge à la Cour suprême depuis 2012, qui a finalement obtenu le poste de juge en chef en décembre 2017.

Invité à commenter cette nouvelle information, le premier ministre n'a pas été très loquace.

«Le choix de juges à la Cour suprême et de juge en chef de la Cour suprême, c'est toujours au premier ministre de faire ce choix-là. Et les Canadiens peuvent savoir que nous sommes un gouvernement qui va toujours respecter nos institutions, toujours respecter l'indépendance de la Cour suprême. Et c'est pour ça que je n'aurai pas plus de commentaires à faire là-dessus», a-t-il répondu lors d'un point de presse à Winnipeg, mardi matin.

Puis, il a refusé de dire si l'information obtenue par La Presse canadienne émanait de son bureau, répétant que son gouvernement respecte les institutions ainsi que la Cour suprême et qu'il ne ferait aucun autre commentaire.