Une répétion du spectacle <em>Luzia</em> du Cirque du Soleil
Une répétion du spectacle <em>Luzia</em> du Cirque du Soleil

L’opposition à Québec dénonce le «fiasco» du Cirque du Soleil

Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
La tentative de sauvetage du Cirque du Soleil a été un «fiasco et le gouvernement de comptables de la CAQ devrait être gêné», selon le chef péquiste Pascal Bérubé.

Les partis d’opposition ont tour à tour accusé, mercredi, la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) ainsi que le gouvernement Legault d’avoir abandonné le Cirque du Soleil, qui selon les dernières informations passera aux mains d’un groupe de créanciers canadiens et américains.

Pourtant, en juin, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, avait offert jusqu’à 200 millions $ US aux actionnaires existants du Cirque afin d’»ancrer la reprise du Cirque au Québec», et pour qu’un jour, le Cirque redevienne propriété québécoise, selon les mots du ministre.

Or personne ne semble avoir soumis avant l’échéance de mardi soir une proposition supérieure à celle de 1,2 milliard $ émanant d’un groupe de créanciers du Cirque regroupés autour du fonds torontois Catalyst Capital.

En conférence de presse mercredi matin à l’Assemblée nationale, le chef intérimaire péquiste Pascal Bérubé a affirmé que le ministre n’est «pas un bon négociateur», en énumérant d’autres revers, selon lui, comme Bombardier, Air Transat, et l’affaire des dirigeables Flying Whales.

Pour sa part, la porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, s’est désolée de l’issue de l’aventure du Cirque du Soleil. «Les requins mangent les petits poissons, bye bye», a-t-elle résumé en conférence de presse, en blâmant le «système» capitaliste.

Elle a également attaqué la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui a payé 75 millions $ US au cofondateur du Cirque du Soleil, Guy Laliberté, pour lui acheter ses dernières actions de l’entreprise quelques semaines à peine avant la pandémie. La valeur de cet investissement aujourd’hui est nulle. La CDPQ a radié ses investissements évalués à 170 millions $ US.

«Le Cirque n’appartient plus aux Québécois et celui qui s’en est mis plein les poches, c’est Guy Laliberté, tandis que le régime de retraite des Québécois est appauvri de 228 millions $ (CAN)», a ajouté Mme Massé.


« Les requins mangent les petits poissons, bye bye »
Manon Massé de Québec solidaire

Pascal Bérubé s’en est pris à la direction de la Caisse: il a rappelé que c’est le premier ministre François Legault lui-même qui a nommé le président de la Caisse, Charles Émond, et qu’il l’avait même rencontré chez lui.

«J’aimerais savoir si Guy Laliberté ou ses représentants ont fait des démarches auprès du gouvernement du Québec avant la décision de la Caisse», a soulevé le chef péquiste.

Selon le porte-parole libéral en matière de Finances, André Fortin, il est incroyablement malheureux que l’aventure québécoise du Cirque du Soleil se termine ainsi.

Le Cirque s’est placé sous la protection de ses créanciers en juin, en raison d’une dette s’élevant à 1,5 milliard $.

La proposition de Catalyst Capital écartera les actionnaires actuels de l’entreprise: le fonds texan TPG Capital, la firme chinoise Fosun et la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui avaient acquis une participation majoritaire dans le Cirque lorsque son cofondateur Guy Laliberté avait décidé de ne conserver que 10 % de la compagnie.