Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, veut redonner du tonus à l’État.

Lisée: un «État fort» sans baisse d’impôt

Jean-François Lisée veut transformer en marqueur politique son engagement de maintenir à son niveau actuel le fardeau fiscal des Québécois. Il ne serait pas réduit sous un gouvernement du Parti québécois (PQ). C’est le pendant d’un «État fort».

«Il est clair pour nous qu’il n’y a aucun moyen de maintenir ou d’améliorer les services en réduisant les impôts», a déclaré le chef du Parti québécois lundi, à la veille du retour de la période des questions à l’Assemblée nationale.

Puisqu’il n’ira pas sur ce terrain qu’exploitent les libéraux et les caquistes, Jean-François Lisée n’a pas le choix de tenter d’en faire un atout. Cette position rejoint d’ailleurs son engagement de redonner du tonus à l’État.

Ceux qui disent pouvoir «améliorer les services en réduisant les impôts […] mentent», a-t-il même lancé, comme pour être sûr de bien se faire comprendre.

Selon lui, à l’heure actuelle, le Québec n’a même pas les moyens de financer «au-delà de deux ans la baisse de taxe scolaire promise par les libéraux et encore moins les 700 millions $ de plus promis» par le chef caquiste, François Legault. «C’est infinançable si on ne réduit pas la qualité des services», s’est exclamé Jean-François Lisée.

Sous un gouvernement péquiste, il n’y aurait pas non plus de hausse du fardeau fiscal. «On va faire avec ce qu’on a», a-t-il dit.

Pas de hausses pour les médecins

Le chef péquiste a réitéré que les médecins ne toucheraient pas les futures hausses de rémunération négociées avec le gouvernement Couillard. Et il a fait valoir qu’il existe d’autres sommes que l’État peut capter sans accroître le fardeau fiscal des citoyens. Il a fait référence aux paradis fiscaux.

Dès l’automne prochain, un gouvernement du Parti québécois «dénoncerait tous les accords bilatéraux du Canada et du Québec avec les paradis fiscaux», a-t-il annoncé. Il parie sur le fait qu’un grand nombre de ceux ayant placé des revenus dans des entités dites de complaisance ne prendraient pas le risque d’être dans l’illégalité et les déclareraient au fisc québécois.

Le rôle de Véronique Hivon

Aux côtés de M. Lisée, lors de son point de presse, la vice-chef, Véronique Hivon, a défini le rôle qui sera désormais le sien. Il comporte au moins trois volets :

› être très présente sur le terrain» pour écouter et présenter les idées du PQ;

› offrir des «conseils stratégiques» à la direction de son parti, participer à la définition des orientations et des politiques de la formation;

› et prendre part à la préparation électorale.

Véronique Hivon a par ailleurs affirmé que l’État devait être «fort» afin «d’être au service des gens, des enfants, des aînés, des familles, des personnes les plus vulnérables, des entreprises, des nouveaux arrivants»; afin d’être «au service de la nation, cette nation québécoise, cette nation qui est archi-inspirante et dont on veut faire la promotion par tous les moyens, par sa langue, par sa culture, par son histoire, par son territoire».

Et pour réussir l’indépendance, a renchéri Jean-François Lisée.

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Où est Paul St-Pierre Plamondon?

Jean-François Lisée veut que le Parti québécois (PQ) incarne l’«alliance intergénérationnelle». Le remaniement de son cabinet fantôme, vendredi, en témoigne, a-t-il dit lundi.

Mais pourquoi le Parti québécois ne met-il pas plus à contribution Paul St-Pierre Plamondon, l’ex-candidat à la direction du parti à qui Jean-François Lisée avait commandé un rapport spécial?

Osez repenser le PQ a été présenté en avril dernier après six mois de consultation. Ce rapport s’inscrivait dans une opération de rajeunissement de la formation politique. Depuis, on a peu vu Paul St-Pierre Plamondon.

C’est parce qu’il est candidat à l’investiture du PQ dans la circonscription de Prévost et qu’il n’est pas le seul à vouloir y porter les couleurs du parti lors des prochaines élections, a expliqué Jean-François Lisée.

Il a indiqué ne pouvoir se permettre de favoriser une candidature plutôt qu’une autre. Il l’a fait en tirant sur la Coalition avenir Québec, qu’il a rebaptisée pour l’occasion.

«Contrairement, disons, à la Compagnie avenir Québec, où le président de la compagnie désigne ses candidats directement dans chacune de ses filiales, dans les 125 comtés, nous, au Parti québécois, on est un parti démocratique où ce n’est pas le chef ou la vice-chef qui désigne les candidats. Donc, il y a un processus d’investiture» et deux personnes se présentent à celle de Prévost. D’où la distance prise pour l’instant avec Paul St-Pierre Plamondon, a-t-il dit.