L'ouest de Toronto, vu de la tour du CN

Libéraux et conservateurs se livrent une chaude lutte dans la banlieue de Toronto

OTTAWA - Un nouveau sondage laisse croire que les libéraux font preuve de résilience dans la bataille cruciale et chaudement disputée pour remporter la faveur des électeurs de la banlieue de Toronto.

L’occasion qui se profile pour le Parti libéral du Canada (PLC), selon le sondage Léger, n’aurait toutefois pas grand-chose à voir avec une quelconque hausse de popularité du PLC. Il semble plutôt que les électeurs craignent fortement le retour d’un gouvernement du Parti conservateur du Canada (PCC) à Ottawa.

Selon les données de l’enquête menée du 10 au 14 octobre pour le compte de La Presse canadienne, 43 pour cent des répondants ont mentionné qu’ils s’inquiétaient davantage de la perspective d’un retour du PCC que de celle de quatre années de plus sous les libéraux.

En contrepartie, 33 pour cent des 1003 répondants ont affirmé l’inverse, c’est-à-dire qu’ils craignent davantage la réélection des libéraux qu’un retour des conservateurs. Aussi, 18 pour cent ont dit ne pas avoir d’opinion claire sur le sujet et cinq pour cent ont refusé de répondre à la question.

Ces chiffres pourraient offrir un certain indice de la tendance qui se cache derrière l’égalité persistante entre les deux partis en tête des intentions de vote. Libéraux et conservateurs obtiennent tous deux la faveur de 37 pour cent des répondants de la banlieue torontoise.

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Pour le vice-président exécutif de Léger, Christian Bourque, cette course «extrêmement serrée» pourrait se jouer sur quelques centaines de voix dans plusieurs circonscriptions lundi soir.

De nombreux sièges sont passés du bleu au rouge et vice-versa lors des dernières campagnes électorales et souvent par des écarts bien minces entre les candidats.

En 2015, la carte électorale de la région a été majoritairement repeinte en rouge, ce qui a fortement contribué à la victoire des libéraux. On s’attend à ce que ces circonscriptions jouent encore une fois un rôle majeur dans l’élection du prochain gouvernement.

Par ailleurs, les chefs ont consacré beaucoup de temps aux environs du Grand Toronto. Le chef conservateur Andrew Scheer s’y est arrêté pour la septième fois de la campagne, la semaine dernière, et Justin Trudeau y est passé pendant le long week-end de l’Action de grâce.

De l’avis de Christian Bourque, le fait qu’aucun des deux partis ne soit en mesure de se démarquer s’expliquerait en partie par l’incapacité des chefs à inspirer les électeurs. Selon lui, les conservateurs ont peut-être réussi à convaincre les citoyens que Justin Trudeau n’est pas si génial, mais ils n’ont pas encore réussi à démontrer qu’Andrew Scheer ferait mieux.

D’autres données laissent croire que la stratégie des libéraux de lier Andrew Scheer au premier ministre ontarien Doug Ford aurait connu du succès. Le sondage indique que 41 pour cent des répondants dans la banlieue de Toronto croient que M. Scheer exercerait le même type de leadership que Doug Ford, contre 35 pour cent qui les croient différents.

À la question «Qui ferait le meilleur premier ministre?», Justin Trudeau mène avec 31 pour cent d’appuis, contre 21 pour cent pour Andrew Scheer et 15 pour cent pour Jagmeet Singh du Nouveau Parti démocratique.

Au coeur de la ville de Toronto, le NPD semble effectuer une remontée. Les intentions de vote accordent 42 pour cent d’appuis aux libéraux, 24 pour cent aux conservateurs et 23 pour cent aux néodémocrates.