Les libéraux réclament un moratoire sur les «esports» dans les écoles du Québec

QUÉBEC - Les libéraux réclament un moratoire dans le dossier des sports électroniques («esports») à l’école.

Les députés André Fortin et Enrico Ciccone demandent au gouvernement caquiste de stopper le déploiement de ce type de programmes, le temps qu’on évalue leurs impacts sur la santé des jeunes.

Contrairement aux programmes de sports-études et d’arts-études, les «esports» peuvent créer une dépendance chez les jeunes, ont-ils soutenu en point de presse à l’Assemblée nationale, jeudi.

«Je pense qu’on devrait mettre une halte à ça immédiatement, a déclaré M. Ciccone, porte-parole libéral en matière de sport et de saines habitudes de vie, et ex-hockeyeur. On devrait arrêter, tout simplement, dire: «Regardez, on est peut-être allé trop vite».»

«Une dépendance en baseball, ça n’existe pas, a renchéri son collègue, le député de Pontiac, André Fortin. Une dépendance en musique, ce n’est pas un problème.»

Ils se sont par ailleurs indignés du refus du gouvernement d’autoriser un mandat d’initiative qui aurait permis à la Commission de la santé et des services sociaux d’étudier l’impact des technologies chez les jeunes.

Les libéraux craignent l’accroissement de la cyberdépendance et de la sédentarité chez les jeunes. Ils disent constater que pour bien des parents, la gestion du temps d’écran autorisé à leurs enfants est devenue un combat de tous les instants.

En outre, ils abhorrent le terme «esports», car les sports électroniques ne sont pas un sport à proprement dit.

Plusieurs écoles québécoises ont commencé à se doter de programmes en «esport». C’est le cas entre autres de l’école secondaire Édouard-Montpetit, du Collège du Mont-Saint-Anne et de la polyvalente Arvida.

Un programme à Québec

À Québec, l’Académie Sainte-Marie dit être fière d’accueillir la première cohorte d’élèves dans la ville de Québec au niveau secondaire en «esport» dès 2020-2021.

Le programme permettrait aux jeunes de développer des compétences en stratégies de jeu, en communication et travail d’équipe, de suivre un programme d’entraînement physique et de saines habitudes de vie ainsi qu’être sensibilisés à la cyberdépendance.

Dans le cadre de référence de la compétence numérique qu’il a présenté en avril, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, s’est montré ouvert aux jeux vidéo à l’école.

Interrogé lundi, en marge d’un point de presse sur la prévention des dépendances, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a toutefois reconnu que le gouvernement manquait de données.

Il a dit vouloir tenir un forum sur cet enjeu en 2020, et rappelé que le ministère de l’Éducation a déjà créé une chaire de recherche pour évaluer l’impact de ces nouveaux programmes sur les jeunes. Pour les libéraux, un forum n’empêche pas la tenue d’une commission parlementaire.

«Ça confirme ce que le premier ministre disait il y a quelques mois, que, pour lui, les commissions parlementaires, ce n’est pas à elles de décider, ce n’est pas à elles de recommander, le gouvernement est capable et devrait faire cet exercice-là lui-même», a déclaré M. Fortin, en déplorant avoir très peu de détails au sujet du forum qui sera organisé par le gouvernement.

«On ne connaît pas le mandat, on ne sait pas qui sera présent, on ne sait pas si les parlementaires vont avoir la chance, un, d’y participer, deux, de poser des questions et, trois, de décider un peu du format de ce forum-là.»