En général, 31 pour cent des Canadiens sondés après la présentation du budget fédéral ont indiqué qu’ils voteraient pour les libéraux de Justin Trudeau si des élections avaient lieu maintenant, soit une baisse de trois points de pourcentage par rapport aux coups de sonde de février.

Les libéraux perdent du terrain depuis un mois, selon un nouveau sondage

OTTAWA — Les libéraux semblent avoir perdu du terrain depuis un mois dans la foulée de l’affaire SNC-Lavalin, mais ce ne seraient pas nécessairement les conservateurs qui en auraient le plus profité, selon un nouveau sondage Léger mené mardi et mercredi pour le compte de La Presse canadienne.

«Ce qu’on voit maintenant, plus cette crise-là avance dans le temps, c’est qu’il y a une certaine désaffection envers le Parti libéral, mais ce n’est pas seulement et surtout le Parti conservateur qui en bénéficie: certains font le vide de vote, alors que d’autres ne font pas le plein de votes», a analysé en entrevue Christian Bourque, vice-président exécutif et associé chez Léger.

En général, 31 pour cent des Canadiens sondés après la présentation du budget fédéral ont indiqué qu’ils voteraient pour les libéraux de Justin Trudeau si des élections avaient lieu maintenant, soit une baisse de trois points de pourcentage par rapport aux coups de sonde de février.

En revanche, 37 pour cent des répondants opteraient pour les conservateurs d’Andrew Scheer, ce qui représente une augmentation d’un point de pourcentage depuis un mois. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) obtiendrait 14 pour cent des voix, en hausse de deux points depuis février, et les verts 10 pour cent - en augmentation également de deux points.

«Même si les libéraux perdent du terrain, on peut se poser la question jusqu’à quel point le Parti conservateur, lui, est efficace, a souligné M. Bourque. Les conservateurs ne font pas encore le plein d’appuis.»

Quant au parti de Maxime Bernier, il ne recevrait que trois pour cent des intentions de vote au pays. C’est chez lui, au Québec, et en Alberta que le Parti populaire du Canada obtient ses meilleurs chiffres, soit 6,0 pour cent dans ces deux provinces.

Portrait au Québec

Au Québec, les libéraux demeurent premiers, mais les conservateurs ne sont pas très loin. Le parti de Justin Trudeau obtient 32 pour cent des intentions de vote des Québécois, contre 24 pour cent pour les conservateurs. Le Bloc québécois apparaît en troisième place avec 17 pour cent. Le NPD, de son côté, ne réussit qu’à arracher 11 pour cent des intentions de vote, à peine plus que le Parti vert, à huit pour cent.

Selon Christian Bourque, avec 24 pour cent des intentions de vote, les conservateurs sont loin d’une percée au Québec et les libéraux pourraient tout de même réussir à tirer leur épingle du jeu avec de tels chiffres.

«Avec 32 pour cent, les libéraux seraient même en mesure d’aller chercher certains sièges à cause de la faiblesse du vote néo-démocrate au Québec», a-t-il soutenu.

Et avec 17 pour cent, le Bloc québécois doit s’attendre à décrocher un ou deux sièges, selon M. Bourque. «Ça ressemble de très près au résultat qu’ils ont eu la dernière fois en 2015 (...) où ils avaient eu plusieurs courtes victoires», a-t-il expliqué. Le Bloc québécois, qui s’est donné en janvier un nouveau chef, Yves-François Blanchet, compte en ce moment dix députés aux Communes.

Mauvaises nouvelles pour les libéraux

En mesurant d’autres données, les résultats sont toutefois loin d’être réjouissants pour le Parti libéral du Canada.

Justin Trudeau se fait dépasser par Andrew Scheer quand il est question du chef de parti qui ferait le meilleur premier ministre. Le chef conservateur obtient l’appui de 25 pour cent des répondants, en hausse de 4 points de pourcentage, contre 24 pour cent pour Justin Trudeau, en baisse de deux points.

Les libéraux, qui espéraient se distancier de la controverse SNC-Lavalin avec la présentation du budget, mardi, seront peut-être déçus: 12 pour cent des répondants trouvent qu’il s’agit d’un bon budget, et 19 pour cent le jugent négativement. Mais 39 pour cent des sondés disaient qu’ils n’en savaient pas encore assez pour se faire une idée.

Il faudra toutefois faire d’autres sondages pour en savoir davantage, car les effets d’un budget sont généralement perceptibles sur le long terme, selon M. Bourque. «L’impact d’un budget se fait sentir sur plusieurs semaines, a-t-il indiqué. Les seuls budgets qu’on a vu une réaction immédiate dans l’opinion publique, ont été à l’occasion de budget très fortement critiqués.»

Le sondage Léger a été mené sur le web les 19 et 20 mars auprès de 1529 Canadiens recrutés à partir d’un panel. Les experts en recherche et en méthodologie jugent qu’il est impossible d’attribuer une marge d’erreur à un sondage réalisé en ligne puisque la méthode d’échantillonnage est non probabiliste.

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D’autres résultats du sondage...

  • Taux de satisfaction envers le gouvernement

Très satisfait ou plutôt satisfait: 33 pour cent

Plutôt insatisfait ou très insatisfait: 61 pour cent

  • Intentions de vote chez les jeunes de 18 à 34 ans:

Parti conservateur: 28 pour cent

Parti libéral: 26 pour cent

NPD: 21 pour cent

Parti vert: 14 pour cent

Bloc québécois: 6 pour cent

Parti populaire: 4 pour cent

  • Intentions de vote chez les 35 à 54 ans:

Parti conservateur: 38 pour cent

Parti libéral: 33 pour cent

NPD: 14 pour cent

Parti vert: 8 pour cent

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ÉLECTIONS FÉDÉRALES: UNE BATAILLE IDÉOLOGIQUE

OTTAWA - À l’approche des élections fédérales de cet automne, les libéraux et les conservateurs se préparent à une bataille idéologique opposant les mérites de l’équilibre budgétaire et ceux des déficits pour assurer la confiance des consommateurs - et un nouveau sondage suggère que de nombreux Canadiens sont d’accord avec les deux.

Un nouveau sondage Léger a été réalisé pour La Presse canadienne cette semaine peu de temps après le dévoilement du budget fédéral, qui promet des milliards de dollars en nouvelles dépenses, notamment sur la formation, les services aux aînés et les incitatifs aux acheteurs d’une première maison.

Le budget laisse également dans les coffres du gouvernement un déficit annuel moyen d’environ 18 milliards $ au cours des quatre dernières années, loin des déficits modestes et de l’équilibre budgétaire promis par le premier ministre Justin Trudeau lors de la campagne électorale de 2015.

Les libéraux soutiennent que les dépenses sont nécessaires pour faire une réelle différence dans la vie des Canadiens, tandis que les conservateurs accusent le gouvernement de gaspiller de l’argent et d’endetter inutilement les générations futures.

Le sondage Léger suggère toutefois que les deux messages retentissent auprès des Canadiens. Si un pourcentage important de répondants ont convenu que les déficits des libéraux étaient mauvais, beaucoup ont également exprimé leur soutien aux mesures centrales présentées dans le budget de mardi.

Environ 44 pour cent des personnes interrogées ont dit croire que la décision de gérer quatre années de déficits n’était pas le bon choix, alors que 20 pour cent jugent qu’il s’agit d’une bonne décision. Cependant, 35 pour cent des répondants n’étaient pas certains.

Une bonne majorité de répondants ont aussi témoigné leur soutien envers des mesures coûteuses contenues dans le budget, dont le projet d’élargir l’accès à internet à haute vitesse dans les régions isolées et mal desservies du Canada - une majorité écrasante de 76 pour cent a appuyé cette mesure. Les Canadiens sondés étaient aussi fortement en accord avec les mesures de formation pour les travailleurs.

Les mesures budgétaires destinées à faciliter l’achat de leur première maison à un plus grand nombre de familles canadiennes ont obtenu un taux d’approbation de 68 pour cent, tandis que 55 pour cent ont applaudi les incitatifs financiers proposés pour favoriser les ventes de véhicules électriques.

Quant au budget lui-même, 12 pour cent des personnes interrogées se sont déclarées satisfaites, tandis que 19 pour cent ont estimé le contraire. Le reste des répondants étaient incertains ou neutres - un ensemble d’indécis que les partis vont forcément courtiser avant le mois d’octobre.

Selon Christian Bourque, vice-président exécutif et associé chez Léger, les libéraux martèleront qu’il est nécessaire de faire des déficits pour aider l’économie. De leur côté, les conservateurs tenteront de dire que cette stratégie ne fonctionne pas, a-t-il ajouté.

Ainsi, selon M. Bourque, il sera beaucoup plus question de la gestion des finances publiques que du budget dans les prochaines semaines, et cela risque d’être un enjeu électoral.

Le sondage Léger a été mené sur le web les 19 et 20 mars auprès de 1529 Canadiens recrutés à partir d’un panel. Les experts en recherche et en méthodologie jugent qu’il est impossible d’attribuer une marge d’erreur à un sondage réalisé en ligne puisque la méthode d’échantillonnage est non probabiliste.