Le chef de la CAQ a écorché le parti libéral sur sa gestion des ressources réservées aux aînés. Des pratiques «gênantes» minent actuellement la réputation du Québec, qui doit traiter ses personnes âgées avec beaucoup plus de dignité, selon François Legault.

Les fédéralistes ont une autre option, dit la CAQ

Pour la première fois cette année, les Québécois fédéralistes pourront voter pour un autre parti que celui des libéraux sans s’inquiéter du fait que le débat référendaire soit relancé. C’est du moins ce qu’a affirmé François Legault en clôture du congrès national de la CAQ, au Centre des congrès de Lévis dimanche, parlant de son parti comme la voie unique pour tous les Québécois qui souhaitent sortir du régime libéral.

La CAQ n’aura pas fait les choses à moitié pour la fin de son rassemblement national. Arrivés à bord d’un autobus affichant «l’équipe du changement», les candidats du parti ont défilé un à un sur la scène, devant un parterre de militants en liesse. 

En marge du rassemblement, le chef caquiste a affirmé avoir rencontré plusieurs communautés anglophones dans les dernières semaines, et en avoir tiré d’importants constats sur la question de l’indépendance au Québec. 

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«Les Québécois ne veulent rien savoir de ce débat-là actuellement, c’est ça la réalité, plaide-t-il. Ce qui est sûr, c’est que maintenant, les gens qui ne veulent rien savoir de la souveraineté, ils ont une alternative, et c’est la CAQ.» 

François Legault estime que dans les prochaines semaines, le premier ministre Philippe Couillard tentera de le coincer à maintes reprises sur la question référendaire, afin de le discréditer ou encore de le ridiculiser.  

«De façon un peu désespérée, il va chercher à savoir si je suis un souverainiste ou un fédéraliste, dit-il. C’est leur marque de commerce au Parti libéral de faire campagne contre l’indépendance. Donc oui, ils vont s’essayer, car ils sont pris au dépourvu en ce moment.»

Des attaques à la tonne

De tous les côtés, François Legault a vivement attaqué le premier ministre Philippe Couillard dans son discours de clôture, sur le plan de l’intégrité gouvernementale, de l’éducation ou encore de l’aide aux personnes âgées dans la province. 

«On ne sera pas là pour servir nos petits amis. Aucun d’entre vous ne doit s’attendre à recevoir un traitement de faveur parce qu’il a une carte de membre ou parce qu’il a contribué à notre parti. Les nominations partisanes et les petits amis, c’est terminé», a tranché le chef caquiste dès le début de discours, dans une ambiance survoltée. 

Depuis quatre ans, le premier ministre Couillard «regarde carrément de haut» les préoccupations des Québécois, selon le leader caquiste. «Rappelez-vous, en 2014, il avait promis qu’il n’augmenterait pas les taxes de garderie, les taxes d’électricité, les taxes scolaires. Eh bien, il les a toutes augmentées.»

Il affirme de plus que son gouvernement ne coupera jamais dans l’aide aux enfants en difficultés d’apprentissage, dans le secteur de l’éducation. «Je ne pardonnerai jamais à Philippe Couillard de l’avoir fait d’ailleurs», a-t-il dit à ce sujet.

M. Legault a également réitéré son engagement à remettre plus d’argent dans le portefeuille collectif des Québécois et à mieux financer les services publics. «On va le faire en utilisant deux mots tabous au Québec : l’efficacité et la richesse.»

Le chef de la CAQ a également écorché le Parti libéral sur sa gestion des ressources réservées aux aînés. Des pratiques «gênantes» minent actuellement la réputation du Québec, qui doit traiter ses personnes âgées avec dignité de manière urgente, selon François Legault. «On a le duo de rêve pour ça», a lancé le chef en pointant en la direction de François Paradis et Marguerite Blais. 

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LES CPE PAS MIEUX QUE LES GARDERIES

En entrevue en marge du congrès, la députée caquiste Geneviève Guilbault a indiqué dimanche qu’elle ne croyait pas que la qualité des services offerts soit nécessairement «meilleure» en centres de la petite enfance (CPE) qu’en garderies privées. 

Des propos qui tranchent toutefois avec ceux de son chef qui, la veille, avait admis que les CPE devaient clairement être privilégiés, à la lumière des nombreuses enquêtes réalisées sur le sujet. «Je le vois comme tout le monde, les CPE ont en moyenne une meilleure qualité», avait-il dit.

Ce désaccord à l’interne semble même avoir eu des échos jusqu’à Drummondville, où le Parti québécois (PQ) était lui aussi réuni en congrès national en fin de semaine. La vice-chef du parti, Véronique Hivon, a profité de l’occasion pour soulever le manque de cohésion à l’interne à la CAQ.

«Je pense qu’ils ont des arrimages importants à faire, de toute évidence, au sein de leur troupe, lance-t-elle. Études après études, on démontre que la qualité est pourtant beaucoup plus au rendez-vous dans les CPE.»

François Legault affirme que son parti est, avant toute chose, engagé vers la liberté du choix des parents entre privé et public. «Il faut laisser le loisir et la liberté aux gens, toujours en privilégiant la qualité d’un côté comme de l’autre, de choisir ce qui leur convient le mieux.»

Le modèle des prématernelles 4 ans, proposé par la CAQ, aura d’ailleurs des impacts importants sur le nombre de places disponibles pour accueillir des enfants, aux yeux du chef caquiste. «C’est sûr et certain que ça va brasser les choses, parce qu’il va y avoir des places qui vont devenir disponibles dans les CPE et dans les garderies privées. Il faut juste s’assurer que la transition s’opère bien.»

Dans sa plateforme électorale dévoilée dimanche, le Parti québécois entend tendre graduellement vers «une véritable gratuité scolaire» aux études postsecondaires. Le chef péquiste, Jean-François Lisée, a précisé à ce sujet que ce changement ne pourrait pas s’opérer au courant d’un seul et même mandat, étant donné son importance. 

À ce sujet, le leader caquiste a souhaité rassurer ses électeurs: «Non, on n’a pas du tout l’intention de modifier la tarification au cégep et à l’université», déclare-t-il. Il affirme que son groupe entend plutôt se concentrer sur l’encadrement des frais scolaires chargés aux parents dès le primaire et le secondaire.