Les décrets détaillant les services requis des architectes et des ingénieurs, les étapes de réalisation des projets, les méthodes de paiement (horaire, forfait ou pourcentage), ainsi que les honoraires et les dépenses admissibles datent des années… 1980. Les grilles horaires ont été révisées périodiquement, mais la dernière indexation date de 2009.

Les architectes et les ingénieurs veulent une augmentation

Ingénieurs et architectes prennent prétexte de la construction du Nouveau complexe hospitalier (NCH) de Québec pour réclamer au gouvernement provincial une augmentation de leurs honoraires.

Les décrets détaillant les services requis de ces professionnels, les étapes de réalisation des projets, les méthodes de paiement (horaire, forfait ou pourcentage), ainsi que les honoraires et les dépenses admissibles datent des années… 1980. Les grilles horaires ont été révisées périodiquement, mais la dernière indexation date de 2009.

Cela fait plusieurs années déjà que l’Association des architectes en pratique privée du Québec (AAPPQ) et l’Association des firmes de génie-conseil du Québec (AFG) font pression sur le gouvernement Couillard pour que l’ensemble soit réformé. Sans succès jusqu’à maintenant. 

Depuis peu, la dizaine de firmes d’ingénieurs et d’architectes sélectionnées pour la construction du NCH de Québec font aussi des démarches de leur côté. Les professionnels craignent en effet de traîner comme un boulet les vieux honoraires du décret. Lancé il y a deux ans, le mégaprojet de 1,9 milliard $ doit en effet se poursuivre jusqu’en 2025. La grille tarifaire datera alors de plus de 15 ans. 

«On demande à des firmes de s’entendre pour 10 ans sur des taux horaires de 2009, ça n’a pas de bon sens», lance Lyne Parent, directrice générale de l’AAPPQ. 

D’autant que les vieilles catégories de travaux ne reflètent pas les difficultés de pareil chantier. Mme Parent souligne par exemple que le pourcentage accordé pour les services architecturaux est encore le même pour une école installée dans un champ et un hôpital bâti en milieu urbain alors que «ce n’est vraiment pas le même niveau de complexité». 

Pour tenir compte de l’augmentation des salaires, des loyers, des assurances, des logiciels, un rattrapage moyen de 30 % était réclamé par les architectes en dollars de 2015. 

Des taux variant entre 10 et 45 %

La même année, les ingénieurs du privé réclamaient pour leur part un ajustement des taux variant entre 10 et 45 % selon les catégories d’emplois, rapporte André Rainville, directeur général de l’AFG.

Celui-ci ne comprend pas pourquoi le dossier met autant de temps à se régler. Il avance que le conflit de travail avec les ingénieurs de l’État a pu freiner le Secrétariat du Conseil du Trésor. Maintenant que l’obstacle est levé, M. Rainville «souhaite que ce soit maintenant au tour du privé de recevoir les considérations du gouvernement». 

Selon l’AFG, les citoyens ne perdraient pas au change puisque de meilleurs honoraires permettraient le développement d’innovations susceptibles de faire baisser les coûts de construction et d’opération des édifices et des ouvrages publics. 

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette répète chaque fois qu’il en a l’occasion que le budget dévolu au NCH, revu sous la barre des 2 milliards $, sera rigoureusement respecté. Idem pour l’échéancier.