Alexandre Cusson a choisi de sauter dans le vide, sans parachute, en acceptant de perdre beaucoup d'argent dans l'espoir de réaliser son rêve, et sans aucune garantie de dénicher un poste bien rémunéré en cas d'échec.
Alexandre Cusson a choisi de sauter dans le vide, sans parachute, en acceptant de perdre beaucoup d'argent dans l'espoir de réaliser son rêve, et sans aucune garantie de dénicher un poste bien rémunéré en cas d'échec.

Leadership du PLQ: Alexandre Cusson perdra des centaines de milliers de dollars

L'ambition politique a son prix et Alexandre Cusson se dit prêt à le payer, en renonçant à plusieurs centaines de milliers de dollars pour tenter sa chance de devenir chef du Parti libéral du Québec (PLQ).

Sur le plan financier, convaincu que ses chances sont bonnes, le candidat à la succession de Philippe Couillard a choisi de sauter dans le vide, sans parachute, en acceptant de perdre beaucoup d'argent dans l'espoir de réaliser son rêve, et sans aucune garantie de dénicher un poste bien rémunéré en cas d'échec.

Visiblement, sa sécurité financière personnelle ne figure pas au sommet des priorités du candidat quand on dresse la liste des pertes de revenu anticipées.

Au total, jusqu'à tout récemment, sa rémunération annuelle atteignait 207 102 $.

Comme maire de Drummondville, poste qu'il a occupé depuis 2013 et jusqu'au 31 janvier, M. Cusson réclamait un revenu annuel de 108 000 $, assorti d'une allocation de dépenses de 16 595 $.

Au même moment, il présidait l'Union des municipalités, ce qui lui assurait depuis 2017 un revenu annuel supplémentaire de 76 264 $. Pour arrondir les fins de mois, son rôle de préfet de la MRC de Drummond lui rapportait 12 732 $, et sa participation à divers comités lui donnait un petit surplus de 7231 $.

De plus, s'il avait complété son mandat à la mairie de Drummondville, il aurait pu empocher 175 000 $, somme versée à titre de prime de départ et de transition.

Or, depuis le 1er février, le candidat au leadership libéral n'a plus aucune source de revenus et il devra vivre de l'air du temps, au moins jusqu'au terme de la course le 31 mai. Après cette date, tout est possible, mais il n'a aucune garantie d'emploi.

Interpellé à ce sujet, le principal intéressé affiche un certain détachement, affirmant ne pas être très «dépensier».

«Je n'ai pas un rapport très développé à l'argent», confie le candidat, en disant surtout «vouloir être heureux avant d'être riche», a-t-il observé, en entrevue téléphonique à La Presse canadienne, alors qu'il était en tournée électorale en Gaspésie.

Même s'il n'a pas de fortune personnelle, il n'a pas hésité à prendre un risque financier important pour réaliser ses ambitions politiques.

Pendant ce temps, la situation est bien différente pour sa seule rivale, Dominique Anglade, qui peut mener sa campagne électorale tout en touchant sa rémunération de députée à l'Assemblée nationale.

S'il remporte son pari le 31 mai et devient chef, le PLQ versera un salaire à M. Cusson. De quel montant? Il l'ignore. Il n'a rien négocié.

En 2013, quand il a été élu chef du PLQ, Philippe Couillard avait demandé et reçu un salaire annuel de 150 000 $, soit l'équivalent de la rémunération prévue pour le chef de l'opposition officielle. Il était convenu qu'il renoncerait à ce revenu dès qu'il serait élu député.

M. Cusson affirme qu'il ignorait que M. Couillard recevait 150 000 $ à l'époque et il refuse de dire s'il réclamera un revenu équivalent. Il dit ne pas nourrir d'«attentes» à ce chapitre et précise que le montant fixé dépendra de la situation financière du parti à ce moment-là.

Chose certaine, s'il devient chef, il tentera de se présenter rapidement à l'Assemblée nationale, à l'occasion d'une élection complémentaire, avant l'échéance du scrutin général d'octobre 2022. Il se dit ouvert à représenter les électeurs d'autres régions que celle de Drummondville.

Et s'il est battu le 31 mai?

M. Cusson n'affiche pas d'inquiétudes quant à son avenir professionnel. Il croit disposer d'un réseau de contacts important et jouir d'une expertise susceptible de lui permettre de trouver un emploi intéressant sans trop de difficultés.