La présidente du PQ, Gabrielle Lemieux, en compagnie de l'ancien chef du parti Pierre Karl Péladeau, en 2015.

Le PQ fait une croix sur une candidature de PKP... mais garde la porte ouverte

QUÉBEC — Le Parti québécois (PQ) fait une croix sur une candidature de Pierre Karl Péladeau.

La présidente du parti, Gabrielle Lemieux, estime que le grand patron de Québecor et ex-chef de sa formation ne reviendra pas au bercail avant le scrutin du 1er octobre.

Dans une entrevue en janvier à Radio-Canada, M. Péladeau n’avait pas fermé la porte à un retour en politique et, par la suite, le chef péquiste, Jean-François Lisée, avait signifié qu’il était toujours le bienvenu et qu’il serait une «excellente addition» à son équipe.

Or, dans un entretien avec La Presse canadienne diffusé vendredi à la veille du conseil national du PQ à Drummondville, Mme Lemieux a dit qu’elle n’avait «aucun contact» avec M. Péladeau.

«Les derniers signaux indiquent qu’il n’y aura pas de retour en politique à court terme», a-t-elle affirmé.

En soirée toutefois, le cabinet du chef de l’opposition officielle a tenu à manifester néanmoins des signaux d’ouverture.

«En effet, les signaux ne pointent pas vers une candidature de M. Péladeau, mais les rapports sont excellents. La porte est toujours ouverte», a-t-on écrit.

M. Péladeau est resté très actif sur la scène publique ces derniers mois, multipliant les sorties, par l’entremise de Twitter, notamment contre le gouvernement Couillard, le gouvernement Trudeau et le fédéralisme.

Rappelons que Pierre Karl Péladeau avait été élu chef du PQ en mai 2015, succédant ainsi à Pauline Marois, dont le gouvernement avait été battu aux élections de l’année précédente. Il avait toutefois démissionné à peine un an plus tard pour des raisons familiales.

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LE PQ ESPÈRE RENVERSER LA VAPEUR

Le Parti québécois (PQ) lance sa campagne électorale dès samedi: il présentera sa plateforme électorale à Drummondville au cours d’un Conseil national qui s’annonce critique, une de ses dernières chances de faire bouger l’aiguille des sondages avant le scrutin du 1er octobre.

La présidente du parti, Gabrielle Lemieux, soutient que sa formation peut renverser la vapeur, même si elle stagne depuis plusieurs mois dans les intentions de vote, autour de 20%, loin derrière la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral (PLQ).

«Oui, tout à fait, j’ai la ferme conviction que c’est possible, a-t-elle affirmé dans une entrevue avec La Presse canadienne diffusée vendredi. Comme on dit: en politique, quelques mois, c’est une éternité.»

Le parti mise notamment sur une autre donnée des sondages: un électeur caquiste sur deux «n’est absolument pas certain» de maintenir son appui à la CAQ. «On ne peut donc pas dire que les jeux sont faits, tout reste à jouer», a plaidé Mme Lemieux.

«Quelques points de plus pourraient nous rapprocher d’un gouvernement, ce sera ça, notre combat, pendant les prochains mois, et ce sera possible de le faire», a-t-elle poursuivi.

«Lancer la campagne»

Habituellement, les partis présentent leur plateforme juste avant ou même pendant la campagne électorale, mais le PQ fait le pari d’un lancement beaucoup plus précoce pour que ses idées circulent et séduisent, bien avant le début officiel de la campagne, à la fin d’août.

«Ce sera vraiment l’occasion de lancer la campagne électorale», a précisé Mme Lemieux.

Il n’a pas été possible d’obtenir quelque information que ce soit sur les engagements qui seront contenus dans la plateforme. Cependant, il y aura notamment une mesure phare qui viendra «soutenir ou soulager les parents ou les nouveaux parents», a-t-elle laissé entendre.

Mme Lemieux a assuré que le PQ, avec son programme social-démocrate, est en phase avec les besoins des électeurs, «au service des familles québécoises», et qu’il représente le vrai changement. De surcroît, le projet souverainiste étant repoussé à un éventuel deuxième mandat, après 2022, le PQ espère rallier même des électeurs fédéralistes ou ambivalents sur la question nationale.

«On veut que tout électeur sente qu’il est la bienvenue au Parti québécois», a-t-elle dit.

Enfin, le PQ mise sur sa machine, lui qui compte le plus grand nombre de membres, plus que tous les autres partis réunis. Et malgré les sondages, Mme Lemieux a assuré que «le moral est très, très bon».

Elle a également ajouté que les élections à date fixe, qui permettent une préparation en vue d’une échéance connue, «accentuent l’enthousiasme des militants».

Le Parti québécois compte d’ailleurs sur le conseil national pour peaufiner ses outils technologiques et les méthodes de sa machine. La présidente de la formation a assuré qu’elle disposait des meilleurs outils technologiques, quant à leur «performance et à leur précision», pour engager le dialogue avec les citoyens.