La Coalition avenir Québec a changé le mandat du bureau du troisième lien routier entre Québec et Lévis pour y inclure la reconstruction du pont de l’île d’Orléans. Le ministre des Transports François Bonnardel a expliqué que l’on ne pouvait pas travailler en silo de chaque côté sans arrimer ces deux projets.

Le pont de l’île d’Orléans ajouté au mandat du bureau du troisième lien

La Coalition avenir Québec (CAQ) change le mandat du bureau du troisième lien routier entre Québec et Lévis pour y inclure la reconstruction du pont de l’île d’Orléans.

Le ministre des Transports François Bonnardel n’a pas voulu dire mercredi s’il considérait déjà le troisième lien et le pont de l’île d’Orléans comme un seul et même projet, mais il souhaite un rapprochement de ces infrastructures. «On ne pouvait pas travailler en silo de chaque côté sans arrimer ces deux projets.»

Est-ce que la première pelletée de terre du nouveau pont de l’île pourrait équivaloir au début des travaux du troisième lien? M. Bonnardel a évité la question en soutenant qu’il était «prématuré» d’y répondre. Plus tôt cette semaine, le cabinet du ministre Bonnardel a indiqué au Soleil qu’il allait respecter les échéanciers du pont de l’île, soit une livraison en 2024. 

Pour s’assurer de mener à bien le nouveau mandat du bureau de projet, le ministre Bonnardel a nommé Frédéric Pellerin à sa tête. M. Pellerin travaille au ministère des Transports depuis 2000 et était jusqu’à tout récemment directeur général de la région Chaudière-Appalaches. 

Le bureau du troisième lien gagne donc un joueur. Ils seront maintenant 12 à travailler pour que se concrétise la promesse de la CAQ, soit de débuter les travaux du troisième lien avant 2022. Le gouvernement va également attribuer des «mandats d’accompagnement» à des firmes d’ingénierie afin de soutenir ce bureau. 

Richard Carpentier, qui dirigeait le bureau du troisième lien, demeure quant à lui responsable de l’ensemble des autres grands projets routiers de Québec et de l’Est. 

Respecter l’île

Même si le troisième lien a de bonnes chances de toucher l’île d’Orléans, le ministre des Transports a l’intention de respecter son aspect patrimonial. «On va parler à tout le monde sur l’île quand on aura défini où passera ce troisième lien», indique M. Bonnardel, qui dit être à la recherche d’une «acceptabilité sociale» pour le projet. 

Comme la CAQ n’a pas d’étude récente en main pour appuyer la pertinence de construire un troisième lien, le bureau de projet sera chargé d’en produire. «Ce bureau de projet va travailler pour être capable de démontrer les gains de fluidité, d’efficience de ce futur troisième lien.»

Critique en transports, le député libéral Gaétan Barrette trouve que l’annonce du ministre Bonnardel sur le troisième lien fait «pas mal amateur». «On le fait où? À quelles conditions? Péage, pas péage? Avec ou non l’île d’Orléans? Là, on est dans de l’à-peu-près», dénonce-t-il. 

M. Barrette évalue que les résidants de l’île d’Orléans ne seront pas «heureux» que la reconstruction de leur pont soit imbriquée au projet de troisième lien routier. «On aurait pu arriver avec un peu plus de substance pour répondre aux inquiétudes de la population locale, ce qui n’est pas le cas.»

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«ON VA DÉFENDRE L'INTÉGRITÉ DE l’ÎLE D’ORLÉANS»

«Le point le plus important pour les gens de l’île d’Orléans, c’est que le délai de construction [du nouveau pont] de 2024 soit respecté», réitère le préfet de la MRC de l’île et maire de Sainte-Pétronille, Harold Noël. 

L’engagement en ce sens répété par le ministre des Transports mercredi le convainc. «Ça nous rassure, mais on a quand même hâte de parler à M. [François] Bonnardel.»

Maintenant que le pont vers la rive nord est confirmé, les élus de l’île veulent causer du troisième lien qui pourrait passer par leur territoire. «On va défendre l’intégrité de l’île d’Orléans.»

Les maires de la MRC se sont rencontrés mercredi soir pour accorder leurs flûtes en prévision d’une réunion avec le ministre au cours des prochaines semaines.  Baptiste Ricard-Châtelain

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UNE MANIF EN MÊME TEMPS QUE LA CHAPELLE ARDENTE

Le jour où la dépouille de l’ex-premier ministre Bernard Landry sera exposée en chapelle ardente à l’Assemblée nationale coïncide avec une manifestation contre le troisième lien qui se tiendra devant cette même Assemblée nationale.

Mise au parfum de cette coïncidence, Noémie Veilleux, l’une des organisatrices de la manifestation, soutient que les deux événements ne sont pas incompatibles. «Notre manifestation est organisée depuis longtemps et elle se tiendra dans l’ordre et dans le respect.»

Les citoyens de Québec pourront aller rendre hommage à M. Landry dans le Salon rouge de l’Assemblée nationale le samedi 10 novembre de 10h à 18h, alors que le début de la manifestation est prévu pour 13h30. 

«Il y aura quelques discours devant l’Assemblée nationale, mais on ne prévoit pas rester là longtemps. On va par la suite marcher dans les rues de Québec. On ne compte pas interférer avec la chapelle ardente», indique Mme Veilleux, qui fait partie de la Coalition régionale des associations étudiantes de la Capitale-Nationale. 

Cette manifestation contre la construction d’un troisième lien routier entre Québec et Lévis devrait réunir environ 600 personnes, si l’on se fie à la page Facebook de l’événement. Il est prévu que le député solidaire de Jean-Lesage Sol Zanetti y participe. Son parti s’oppose fermement à la construction de ce troisième lien, pour des raisons environnementales. 

La députée de Taschereau Catherine Dorion sera quant à elle en Espagne ce jour-là, pour assister au Forum de la gauche européenne. 

De nombreuses manifestations sont organisées partout au Québec samedi sous l’appellation «La planète s’invite au parlement». Ces marches visent à conscientiser les politiciens de l’urgence d’agir pour contrer les changements climatiques.  Patricia Cloutier