Le ministre Dufour a dénoncé vivement Richard Desjardins lors de la conférence de presse d’ouverture du 40e Salon de la forêt à l’Université Laval samedi matin.

Le ministre Dufour s’en prend à Richard Desjardins

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, s’en prend à l’auteur-compositeur Richard Desjardins, qualifiant de «torchon» ses récentes déclarations voulant que «rien n’ait changé» depuis la parution en 1999 du documentaire «L’Erreur Boréale» qu’il a réalisé avec Robert Monderie et qui dénonçait la destruction du patrimoine forestier du Québec.

Le ministre Dufour a dénoncé vivement Desjardins lors de la conférence de presse d’ouverture du 40e Salon de la forêt à l’Université Laval samedi matin. «Il y en a qui ne seront jamais satisfaits...», a laissé tomber M. Dufour, qualifiant les déclarations de Richard Desjardins de «deuxième état de l’Erreur Boréale». «Après l’Erreur Boréale en 1999, il y a eu la Commission Coulombe dont 61 des 85 recommandations ont été réalisées», a-t-il fait remarquer. «C’est très décevant de voir un auteur-compositeur qui s’improvise plus connaissant que tous les gens qu’il y a ici, à l’Université.»

«Cette semaine, on a fait parler un individu qui nous a dit que rien de bon n’a été fait dans les 20 dernières années. Peut-être qu’il est très bon comme auteur-compositeur, mais il faut détruire ce type de discours-là qui fait en sorte qu’un individu n’est pas assez équitable pour parler aussi des bons côtés (de l’industrie forestière)», ajoute le ministre caquiste. M. Dufour a aussi lancé la pierre aux médias, trop enclins selon lui «à donner la parole à ceux qui sont contre.»

Pas de moratoire

Bref, pour le ministre, il n’est aucunement question d’aller de l’avant avec un moratoire sur l’industrie forestière comme le demande Desjardins. «Oubliez ça!», a-t-il lancé. «Il y a 60 000 familles qui dépendent de l’industrie forestière. Si M. Desjardins veut fermer les régions, qu’il le fasse, mais nous n’allons pas dans ce sens-là.»

M. Dufour admet cependant que la parution de «l’Erreur Boréale» était justifiée en 1999. «Soyons honnêtes, ce documentaire avait sa raison d’être et il a le mérite d’avoir accéléré les prises de conscience. Mais cette «deuxième version» quand il nous dit que rien de bon ne s’est fait depuis 20 ans, je pense qu’il a mis un écran devant ses lunettes et je trouve ça déplorable. Dans la vie, il faut être équitable et depuis la parution du rapport Coulombe, il y a des améliorations, mais il ne veut pas les voir. Pourquoi ne pas avoir parlé des communautés autochtones avec lesquelles ça va bien? C’est un torchon, ce qui a été dit.»

Le ministre a aussi défendu la stratégie nationale sur le bois. «Si, avec le travail qui a été fait depuis 20 ans, on peut aller chercher du bois, pourquoi pas? Là, on a un million de mètres cubes qui pourraient s’ajouter et il faut faire confiance au Forestier en chef, qui est vraiment indépendant. Je sais que jamais 100% de nos décisions ne plairont à tous, mais de voir quelqu’un nous dire qu’il est meilleur que les 2 200 personnes qui travaillent au ministère, ça, je ne peux pas le comprendre.»

Conscience écologique

Le vice-recteur exécutif de l’Université Laval, Robert Beauregard, a quant à lui insisté sur le fait que la conscience écologique était présente au sein de la faculté de foresterie. «Qu’il y ait des critiques dans la société, c’est correct, car on est une société libre, qu’il y a la liberté de parole. Mais je crois qu’il faut assurément défendre le travail acharné fait dans les dernières décennies. Le ministre a tout à fait raison d’insister sur les efforts qui ont été mis dans l’amélioration de notre pratique», a-t-il affirmé.

«Dans notre faculté, ce n’est pas quelque choses qu’on prend à la légère. Nos étudiants sont au courant du caractère polémique de l’exploitation de la forêt et j’ai confiance en nos jeunes qui sont conscientisés concernant les améliorations qui peuvent être apportées», termine M. Beauregard.