Dominic LeBlanc a révélé mercredi être atteint d’une leucémie lymphoïde chronique diagnostiquée en avril.

Le ministre Dominic LeBlanc atteint de leucémie

OTTAWA — Le ministre fédéral Dominic LeBlanc aurait préféré garder la nouvelle pour lui, mais il s’est rendu à l’évidence : il aurait été difficile de cacher sa maladie dans une ville de la taille de Moncton.

«Quand tu entres dans la salle de traitement, ils annoncent ton nom sur un haut-parleur, alors ça suscite un certain intérêt», a-t-il expliqué mercredi lors d’une mêlée de presse, quelques minutes avant son entrée dans la Chambre des communes.

M. LeBlanc amorcera un traitement contre le cancer la semaine prochaine. Il a révélé mercredi être atteint d’une leucémie lymphoïde chronique diagnostiquée en avril.

«Le mot leucémie est un peu inquiétant, le mot chronique est encourageant», a-t-il dit.

Le ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne affirme avoir organisé ses traitements pour qu’ils nuisent le moins possible à son travail, ce qu’il peut se permettre compte tenu du stade de la maladie.

«Les médecins m’ont dit que je pouvais attendre encore plusieurs mois, mais avec l’horaire parlementaire, c’était un bon moment de me débarrasser de ça», a-t-il expliqué.

Il ne reste qu’une semaine de travaux à la Chambre des communes avant la pause du temps des Fêtes. Les travaux reprendront ensuite à la fin du mois de janvier.

M. LeBlanc se rendra à l’hôpital deux fois par mois pour subir une dizaine de traitements de chimiothérapie et d’immunothérapie. Ceux-ci doivent se terminer au printemps.

Il avait avisé le premier ministre Justin Trudeau peu de temps après le diagnostic en avril et en a discuté à nouveau avec lui la semaine dernière après avoir décidé quand il commencerait ses traitements.

Détectée par hasard

La leucémie de Dominic LeBlanc a été détectée par hasard lors de son examen médical annuel. Le médecin a alors noté une hausse du nombre de globules blancs que contenait le sang du ministre.

«Je n’avais aucun symptôme, a signalé M. LeBlanc. Les médecins pensent que j’étais probablement atteint par la maladie depuis un certain nombre d’années.»

Le seul signe visible de sa maladie est une enflure dans son cou qui révèle un ganglion gonflé.

La leucémie lymphoïde chronique est l’un des types de la maladie les plus courants chez l’adulte, selon le docteur Nicholas Finn, hémato-oncologue du Centre hospitalier universitaire Dr. Georges-L. Dumont de Moncton, au Nouveau-Brunswick, qui soigne M. LeBlanc.

La maladie doit être suivie de près, mais elle est contrôlable, a-t-il expliqué dans une déclaration écrite. Une fois ses traitements terminés, Dominic LeBlanc devra donc être suivi régulièrement par le spécialiste. Il pourrait passer entre cinq et dix ans sans récidive.

«Je suis encouragé, a affirmé M. LeBlanc sans détour. Il y a des gens qui vivent avec des maladies beaucoup plus difficiles.»

Messages d’encouragement

De nombreux collègues lui ont offert leur soutien, dont le premier ministre Justin Trudeau, qui est en voyage en Chine.

«Nous pensons tous à @DLeBlancNB aujourd’hui, mais nous savons aussi que tu continueras d’exceller comme ministre et comme député. Comme toujours, mon ami, tu peux compter sur moi», a-t-il écrit sur Twitter.

Le ministre Scott Brison a été surpris d’apprendre la nouvelle en avant-midi. «Dominic est un grand ami à moi depuis longtemps et j’espère qu’il va bien récupérer», a-t-il souhaité.

«Nous espérons tous qu’il ira bien et qu’il sera capable de continuer son travail», a indiqué pour sa part la ministre Jane Philpott.

Ses adversaires politiques ont mis la partisanerie de côté le temps de lui souhaiter un prompt rétablissement.

«La meilleure des chances à mon ami @DLeBlancNB et à sa famille alors qu’il commence son traitement. Notre caucus conservateur est avec toi. Nous savons que tu seras fort!» a écrit le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, sur Twitter.

«Nos pensées sont avec lui et sa famille», a souligné d’entrée de jeu le chef néo-démocrate Jagmeet Singh, lors d’un point de presse.

La chef du Parti vert, Elizabeth May, a utilisé une portion de sa seule question à la Chambre des communes pour lui offrir ses vœux. Spontanément, les députés se sont levés pour ovationner le ministre LeBlanc.