L'écologiste Dominic Champagne tentera de convaincre les membres de la CAQ de l'urgence d'agir devant les changements climatiques.

Le conseil général de la CAQ s’ouvre sur le thème de l’environnement

QUÉBEC — La Coalition avenir Québec (CAQ) est appelée à relever un défi important cette fin de semaine en se dotant d’un programme environnemental.

Le parti accueillera un millier de ses membres en conseil général qui aura comme thème l’économie verte, samedi et dimanche à Montréal.

Le metteur en scène et écologiste Dominic Champagne s’adressera à eux pour les convaincre de «l’urgence d’agir» devant les bouleversements climatiques.

M. Champagne est le porte-parole du Pacte pour la transition, signé à ce jour par plus de 275 000 personnes. Il a annoncé avoir pris sa carte de membre de la CAQ pour démontrer au gouvernement qu’il est de bonne foi.

La CAQ est accusée par les partis d’opposition de manquer de vision en environnement, mais elle se dit déterminée à agir et trouver des moyens pragmatiques pour lutter contre les changements climatiques.

Tout au long du week-end, les membres seront appelés à voter sur 32 résolutions, telles que le retrait du plastique à usage unique, l’imposition de redevances sur les bouteilles d’eau et la recherche d’alternatives à l’épandage du sel de voirie sur les routes.

Les attentes sont grandes, prévient la porte-parole libérale en matière d’environnement, Marie Montpetit.

«Ce que je comprends, c’est qu’il va y avoir des discussions sur des mesurettes, a-t-elle déclaré en entrevue. Une fois qu’on en a discuté, encore faut-il le faire.

«Il y a vraiment un discours très vieillot, ça fait très rétrograde, je trouve que c’est très décalé par rapport aux jeunes qui sont dans la rue, à la science, aux scientifiques, aux organisations, a-t-elle ajouté. Je ne sens ni la vision ni la volonté.»

Mme Montpetit rappelle que le gouvernement Legault a refusé plusieurs demandes de la société civile et des partis d’opposition depuis huit mois.

Les instigateurs du Pacte avaient remis au gouvernement en décembre un projet de loi déjà confectionné qui visait à faire respecter les cibles de réductions des GES établies par le Québec pour 2020, mais le gouvernement ne l’a pas déposé en Chambre.

Le 10 avril dernier, il a également refusé de débattre d’une motion libérale lui demandant de reconnaître le problème du suremballage au Québec et de déposer un projet de loi en ce sens.

De son côté, Québec solidaire (QS) souligne avoir lancé en mars un «ultimatum» au gouvernement pour qu’il présente un plan d’action crédible destiné à lutter efficacement contre les changements climatiques, à défaut de quoi il devrait composer après le 1er octobre 2020 avec l’obstruction parlementaire systématique de QS, qui bloquerait l’adoption de projets de loi et entraverait les travaux parlementaires.

La formation politique de gauche exige que le gouvernement: interdise tout projet gazier ou pétrolier sur tout le territoire du Québec; adopte un plan de lutte contre les changements climatiques conforme aux cibles fixées par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC); fasse approuver ce plan par un expert indépendant.

Entre temps, tous les moyens sont bons pour sensibiliser le gouvernement, croit le député Sol Zanetti, de QS. «Oui, c’est bizarre que Dominic Champagne prenne une carte de la CAQ, c’est spécial, tu sais, c’est contre-intuitif, mais je comprends qu’il prenne ces moyens-là s’il estime que c’est la façon de faire une pression maximum sur le gouvernement, et je ne peux que souhaiter qu’il soit entendu», a-t-il déclaré en point de presse à l’Assemblée nationale, jeudi.