Le coporte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a détaillé le programme de son parti lors du conseil national dimanche, au Cégep de Sainte-Foy.

Le bus à moitié prix et exit le troisième lien chez QS

Un gouvernement de Québec solidaire couperait de moitié les tarifs du transport collectif partout au Québec dès la première année... et mettrait fin au projet de troisième lien entre Lévis et Québec.

Le coporte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, en a fait l’annonce en clôture du conseil national de son parti dimanche au Cégep de Sainte-Foy. «Dès la première année d’un gouvernement solidaire, on va diviser par deux le prix du transport collectif urbain partout sur le territoire québécois pour toutes les catégories d’usagers. Ça, c’est de l’audace!» a-t-il lancé dans son discours de clôture avant d’être ovationné par les 250 participants.

QS souhaite toujours offrir gratuitement le transport collectif à tous les Québécois d’ici 10 ans, mais commencerait par une réduction de 50% des tarifs.

427,8 millions $

Cette première étape coûterait 427,8 millions $ au Trésor québécois, une dépense que M. Nadeau-Dubois juge «raisonnable» et «réaliste» sans toutefois détailler précisément comment il la financerait. 

«Dans notre programme, il y a entre autres des mesures comme la taxation du commerce en ligne et la réforme de la fiscalité des institutions financières», a-t-il cependant énuméré comme sources de revenus potentielles en assurant qu’il n’augmenterait pas les impôts et ne créerait pas de nouvelle taxe.

Le coporte-parole a rappelé que la capitale de l’Estonie, Tallinn, une ville de la taille de Québec, offrait le transport en commun gratuitement depuis 2013 en plus de citer Chambly, Richelieu, Carignan, Sainte-Julie, Candiac, La Prairie et Delson comme des villes québécoises qui avaient déjà fait le choix de la gratuité.

Plus abordable

Le but recherché est de faire augmenter le nombre de personnes qui utilisent le transport collectif en le rendant plus abordable, selon M. Nadeau-Dubois. «L’idée n’est pas de faire la chasse aux automobilistes, mais de permettre aux gens qui ont une voiture de ne pas l’utiliser et de prendre plutôt le transport en commun parce que c’est agréable, facile et abordable.»

Il a rappelé qu’à Montréal, il en coûte 1050 $ par an pour utiliser le transport en commun avec un laissez-passer mensuel et 996 $ à Québec, des montants qui décourageraient certains usagers potentiels, surtout les personnes à faible revenu.

Pour ce qui est des villes de taille moyenne qui n’ont pas encore de service de transport en commun, Gabriel Nadeau-Dubois a promis «de nouveaux moyens de transport collectif aux endroits où il n’y en a pas actuellement», des moyens de transport qui seront abordables et modernes, a-t-il assuré.

Troisième lien

Quant au troisième lien entre Lévis et Québec, Gabriel Nadeau-Dubois l’a qualifié de mauvais projet qui ne servirait qu’à enrichir les promoteurs de la rive sud et à faire exploser la circulation routière à Québec.

«C’est un mauvais projet. Ce n’est pas ce dont Québec a besoin. Oui, Québec solidaire tirerait la plug sur le troisième lien, c’est un projet du XXe siècle», a-t-il déclaré en point de presse alors que les médias lui demandaient si son parti abandonnerait le projet une fois au pouvoir. 

Gabriel Nadeau-Dubois a qualifié le troisième lien de mauvais projet qui ne servirait qu’à enrichir les promoteurs de la rive sud.

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QS DEVRA GRANDIR PLUS VITE, DIT NADEAU-DUBOIS

Le coporte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, estime que son parti politique devra grandir plus vite qu’il ne l’a fait jusqu’à maintenant. Il ne se contentera pas d’un député de plus lors du prochain scrutin général.

«On veut augmenter le rythme de croissance de Québec solidaire. Le rythme d’un député de plus par élection n’est plus suffisant et il faut sortir de Montréal», a déclaré M. Nadeau-Dubois en point de presse.

Actuellement, Québec solidaire détient uniquement les circonscriptions montréalaises de Sainte-Marie-Saint-Jacques (la co-chef Manon Massé), Gouin (Nadeau-Dubois) et Mercier, où le député Amir Khadir ne sollicitera toutefois pas un nouveau mandat cet automne.

Le coporte-parole a aussi énuméré Taschereau (Catherine Dorion), Rosemont (Vincent Marissal), Laurier-Dorion (Andrés Fontecilla) et Sherbrooke (Christine Labrie) comme des circonscriptions ciblées où le parti mettrait davantage d’efforts sur le terrain.

«Les sondages sont une science que ce n’est pas tout le monde qui comprend. Moi, ce que je sais, c’est qu’on n’a jamais eu autant de membres, soit 18 000, et notre stratégie n’est pas basée sur les sondages nationaux», a-t-il indiqué à propos des appuis à son parti qui étaient de 18% lors de sa nomination, mais avaient chuté à 10% dans le plus récent sondage.

Changement

Sachant que Québec solidaire est le second choix de plusieurs électeurs qui favorisent la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti québécois, M. Nadeau-Dubois est conscient qu’il y aura du travail à faire afin de démontrer que son parti incarne le changement.

«On sait que les gens veulent du changement, mais quel changement? S’ils veulent le Parti libéral sur les stéroïdes, ça, c’est la CAQ. S’ils veulent un autre projet de société, ça, c’est ce que propose Québec solidaire.»

Le coporte-parole a cité la proposition d’une assurance dentaire universelle et publique comme exemple de ce qui distingue son parti des autres. «Nous sommes le seul parti qui a le courage d’affronter le lobby des compagnies d’assurances. Entre une assurance santé pour soins dentaires et quelques centaines de dollars en baisse d’impôt ou en baisse de taxe scolaire, ce qui améliore vraiment la vie des familles, c’est la proposition de Québec solidaire.»

Huis clos

Gabriel Nadeau-Dubois a également nié que son parti se rapproche de la façon de faire des autres partis politiques en tenant des débats à huis clos durant le conseil national. 

«Les militants avaient envie d’avoir ces discussions-là sans se retrouver la face au Téléjournal. Je pense que c’est un souci légitime. Québec solidaire demeure de loin le parti le plus transparent et le plus ouvert avec le fonctionnement le plus démocratique», a-t-il déclaré.

La question lui avait été posée avant la tenue de débats à huis clos sur la répartition des pouvoirs entre la première ministre et le vice-premier ministre.