Le chef du Bloc québécois, Yves François Blanchet, a lancé officiellement la campagne du parti lundi, à Québec, en compagnie de ses candidats régionaux, Christiane Gagnon, Alain D’Eer, Christian Hébert et Julie Vignola.

Le Bloc se dote d’un «slogan rassembleur»

«Le Québec, c’est nous» mènera la campagne électorale du Bloc québécois. Le parti veut rallier les troupes avec un slogan qui se veut rassembleur. Yves-François Blanchet souhaite défendre les intérêts des Québécois, à l’inverse de ce que promettent ses adversaires Trudeau et Scheer.

«Il n’y a que le Bloc québécois qui a pris des positions qui vont dans le sens de ce que les Québécois veulent», a déclaré M. Blanchet lors du dévoilement des pancartes.

On pourra voir aux quatre coins de la province des déclinaisons du slogan : la laïcité, c’est nous; les régions, c’est nous; l’énergie propre, c’est nous; et bien d’autres. 

Le chef du Bloc était de passage à Québec lundi soir pour le lancement officiel de campagne et pour l’inauguration du bureau de circonscription de Christiane Gagnon, candidate dans Québec. Son bureau se situe sur la rue Saint-Vallier Ouest. Les trois autres candidats de la région étaient aussi présents : Alain D’Eer (Charlesbourg-Haut-Saint-Charles), Julie Vignola (Beauport-Limoilou) et Christian Hébert (Louis-Hébert).

«Il y a un ensemble de dossiers au Québec, Air Transat, Netflix, où les partis fédéralistes sont pognés entre les intérêts du Québec, les intérêts de Toronto, les intérêts de l’Ouest canadien. Et quand tu es un pays pétrolier comme le Canada, le pétrole passe avant. Quand Toronto est la capitale financière, Toronto passe avant. Nous, c’est seulement le Québec», a aussi ajouté M. Blanchet.

Il croit que l’une des plus grandes forces du Bloc est d’avoir son chef près des citoyens. 

«J’ai quatre fois plus de présence au Québec que mes adversaires qui eux doivent couvrir l’ensemble de leur Canada, dans les faits, ils ne sont jamais ici. Ils sont les bienvenus, au débat à Gatineau ils vont être obligés de venir me voir, je vais être bien content de les rencontrer à ce moment-là, mais nous on a une présence au quotidien avec les Québécois. J’ai passé l’été à faire le tour du Québec.»

Visibilité

Le Bloc avait déjà installé quelques pancartes pendant l’été, elles y arboraient le visage de M. Blanchet avec un jeu de mots pour chaque région dans laquelle on pouvait les trouver. Cette campagne se voulait légère et joyeuse, le chef souhaitait se faire connaître, lui qui a beaucoup moins de notoriété que Justin Trudeau ou Andrew Scheer. 

«Quand ça fait moins d’un an que tu es le chef d’une formation politique, il y a de bonnes chances que beaucoup de monde ne le sait plus ou moins. Je le dis souvent, les gens ne sont pas obligés de voter pour le bloc, il faut qu’ils aient envie de voter pour le bloc, il faut que ça leur tente. Avoir un sourire, avoir un peu d’humour, être un peu plus pétillant que le message traditionnel un peu sévère d’un politicien, en plein été, je pense que ça peut nous avoir servi. Plus on va être visibles plus on va monter [dans les sondages]» croit le chef du Bloc. 

M. Blanchet croit aussi que les citoyens se reconnaissent de plus en plus dans le message véhiculé par sa formation politique, c’est pourquoi plusieurs déviations du slogan ont été réfléchies, pour atteindre le plus de personnes. 

Une «vague bleue»? 

M. Blanchet et ses candidats de Québec croient que la force militante sur le terrain des partisans du Bloc fera une différence dans les voix récoltées. 

«Ce sont des gens qui y vont pour le cœur et avec une motivation, ça fait une différence pour nous.»

Québec a souvent suivi la vague populaire lorsqu’est venu le temps d’élire ses candidats, la région n’était pas différente du reste de la province.

«D’abord une vague NPD, dont tout le monde vous dira aujourd’hui que ça n’a absolument rien donné pour le Québec. Après ça, une vague pour Justin Trudeau qui a arraché des affaires au Québec, qui a pris l’argent des Québécois pour l’envoyer dans l’Ouest canadien. Et la dernière semaine a clairement révélé la nature et l’identité profonde des conservateurs, qui est un lobby pétrolier avec des valeurs religieuses qu’on considère comme très à droite. Il n’y a pas un comté francophone au Québec sur lequel j’ai fait une croix, les militants ont choisi des candidats qui sont tous capables de gagner leurs élections.»

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L'AGRANDISSEMENT DU PORT ET DU PONT DE QUÉBEC, LES DEUX CHEVAUX DE BATAILLE DE CHRISTIANE GAGNON

Christiane Gagnon n’est certainement pas inconnue des électeurs de Québec, elle a représenté le Bloc pendant 18 ans à la Chambre des communes du Canada. Elle a perdu son siège en 2011 à la candidate du Nouveau parti démocratique (NPD).

Mme Gagnon a déjà amorcé sa campagne, elle est allée à la rencontre de beaucoup de citoyens durant l’été et a fait part, lundi soir, des dossiers qui l’interpellent. 

«On va être près des citoyens qui veulent que ça change, Trudeau il est fin, mais juste quand viennent les élections. Maintenant, [les Québécois] ne sont plus dupes. Il y a le doyen de nos frustrations qui s’appelle le pont de Québec et on a un bébé qui vient de sortir qui est l’agrandissement du Port de Québec», indique-t-elle. 

Pas contre

Si elle précise qu’elle n’est pas contre le développement du Port, elle dessine bien ses limites.

«C’est terrible, il faut y songer. Ce qu’on veut faire, c’est empiéter dans le fleuve. Il n’y a aucun port international qui agrandit vers la mer, ça se fait sur les terres. On va être très aguerris sur ce dossier-là.»

Yves-François Blanchet a déjà dû travailler avec les dirigeants du Port de Québec lors de son mandat de ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs sous le gouvernement provincial de Pauline Marois.

«Le comportement du Port de Québec, ce sont des gens qui ont toujours systématiquement refusé de collaborer avec l’État québécois, sauf quand vient le temps de demander de l’argent. On peut avoir l’argent et refuser votre juridiction le lendemain matin? L’État québécois n’est pas une banque. L’État québécois a ses propres mesures de contrôle, ses propres mesures environnementales qui doivent être respectées», a-t-il ajouté. Judith Desmeules