Selon le porte-parole du Bloc pot, la présence du parti est plus pertinente que jamais aux prochaines élections provinciales.

Le Bloc pot profite d’un nouvel engouement

MONTRÉAL — Peu importe si Ottawa se prépare à légaliser la consommation du cannabis en octobre, le Bloc pot sera bien présent aux élections provinciales et possiblement avec la plus forte délégation de candidats de son histoire.

D’après le porte-parole du parti, Hugo St-Onge, déjà une soixantaine de candidats potentiels se sont manifestés et on s’attend à en accueillir plusieurs autres au moment du déclenchement de la période de mise en candidature.

D’après les données disponibles sur le portail du Directeur général des élections du Québec, c’est en 2003 que le Bloc pot a présenté sa plus grande équipe avec 56 candidats. Lors de l’élection de 2014, ils étaient seulement 14 braves à défendre les vertus de la marijuana.

D’après M. St-Onge, qui sera candidat dans la circonscription de Laurier-Dorion à Montréal, les revendications historiques du Bloc pot n’ont toujours pas été entendues. Il considère donc la présence du parti plus pertinente que jamais.

«La principale revendication est de retirer le cannabis du Code criminel. Avec la légalisation, le cannabis est maintenu dans le Code criminel. Pire, de nouvelles infractions ont été ajoutées et certaines peines d’emprisonnement ont été augmentées», dénonce celui qui admet tout de même qu’Ottawa a fait un pas dans la bonne direction.

Hugo St-Onge dit souhaiter un marché «inclusif, équitable et cohérent», alors qu’il qualifie le nouveau marché créé par le fédéral d’«oligopole qui ressemble à celui du tabac». L’encadrement sévère pour obtenir un permis de production de marijuana serait trop restrictif pour que les amateurs de cannabis puissent y avoir accès.

«La légalisation rend un certain cannabis légal, mais maintient la grande majorité du cannabis existant dans l’illégalité», estime-t-il.

L’aspirant député soutient que le statut des amateurs de cannabis est passé «de déviants pénalisés à toxicomanes à soigner» pour les autorités. «On l’oublie, mais le cannabis sera largement criminalisé, sauf celui produit par l’oligopole», déplore M. St-Onge.

Comme la LGBTQ

Celui-ci compare le combat des consommateurs de marijuana à celui de la communauté LGBTQ et des femmes. «Les homosexuels ont obtenu le droit de se marier il y a quelques années. Ont-ils arrêté de militer? Les femmes, lorsqu’elles ont obtenu le droit de vote, ont-elles arrêté de militer pour obtenir plus d’égalité et de liberté? Non.»

Comme les membres du Bloc pot n’ont toujours pas atteint leurs objectifs, ils entendent poursuivre leur combat et la visibilité de leur cause semble être profitable.

«Les amateurs conscients se rendent compte qu’ils sont en train de perdre au change. Donc, on a une augmentation du membership et on va avoir encore plus de candidatures», annonce le porte-parole.

Hugo St-Onge se réjouit d’ailleurs d’entendre parler du cannabis dans le débat social, car le sujet de l’heure facilite la tâche du parti «à faire sortir les gens de leur salon».

«En 2003, c’était tout un exploit de présenter 56 personnes dans une logique répressive. En 2018, la logique est encore répressive et les gens le savent. C’est pour ça qu’il y a une recrudescence dans la mobilisation», assure-t-il.