«Pourquoi (la langue française) n'a pas intéressé la CAQ avant hier (mercredi)? a demandé le chef intérimaire péquiste Pascal Bérubé. Pourquoi ce n'était pas un enjeu quand la CAQ était dans l'opposition et nous au gouvernement?»

Langue française: le PQ met au défi la CAQ avec de nouvelles mesures

SALABERRY-DE-VALLEYFIELD — L'opposition péquiste met au défi le gouvernement Legault concernant le nationalisme dont il se réclame.

Le Parti québécois (PQ) a proposé jeudi une série de mesures pour mieux défendre le français, au lendemain d'un remaniement dans l'équipe de François Legault, qui a retiré à la ministre Nathalie Roy les responsabilités associées à la langue française pour les confier à son collègue Simon Jolin-Barrette.

Le PQ a dévoilé ces propositions plus musclées en matière de francisation au terme d'une réunion de deux jours des élus à Salaberry-de-Valleyfield.

Il veut notamment rendre obligatoire la francisation des immigrants dès leur arrivée, «avec des mesures qui permettent que les cours soient réussis, mais aussi des sanctions pour ceux qui ne se présentent pas», a expliqué le porte-parole péquiste en matière de langue, Joël Arseneau, en conférence de presse.

En outre, le PQ demande au gouvernement d'«interdire aux entreprises d'exiger l'anglais lors d'une embauche quand ce n'est pas nécessaire à l'emploi».

Il recommande aussi d'accueillir davantage d'immigrants parlant français.

Enfin, l'opposition péquiste réclame que l'État communique uniquement en français avec les personnes morales.

Le Parti québécois a rappelé qu'une autre de ses mesures phares, soit d'étendre la loi 101 aux entreprises de 25 à 49 employés, avait été combattue par la CAQ quand elle était dans l'opposition et le PQ au gouvernement de 2012 à 2014.

«Pourquoi (la langue française) n'a pas intéressé la CAQ avant hier (mercredi)? a demandé le chef intérimaire péquiste Pascal Bérubé. Pourquoi ce n'était pas un enjeu quand la CAQ était dans l'opposition et nous au gouvernement?»

En mêlée de presse jeudi matin, le député péquiste de Rimouski, Harold LeBel, a reproché à François Legault d'avoir mis autant de temps à bouger sur le front linguistique, alors que le PQ talonne depuis un an le gouvernement à cet égard.

«Nous mettrons la langue au coeur de tous nos combats», a conclu M. Bérubé, en laissant entendre que d'autres propositions linguistiques péquistes allaient être dévoilées dans les prochains mois.