En offrant des félicitations à un journaliste devenu grand-père (mais absent), le premier minstre François Legault a pu traverser la ligne de journalistes sans répondre à quelque question que ce soit.

La pirouette de Legault [ANALYSE]

ANALYSE / François Legault s’en est sorti par une pirouette mercredi matin à son arrivée à une réunion du conseil des ministres. Il a félicité un confrère de TVA, Alain Laforest, devenu grand-père quelques heures plus tôt, pour mieux éviter les questions des journalistes présents. Entre autres, celles qui se posent sur la fameuse énergie «sale» de l’Ouest canadien, sur sa déclaration controversée.

«C’est sa journée, aujourd’hui. Je ne répondrai pas à d’autres questions», a laissé tomber le premier ministre en faisant référence au confrère de TVA.

En passant, M. Laforest était à un autre endroit du Parlement à ce moment-là. C’était donc des félicitations qui tombaient un peu à plat. Mais bon, passons. Elles ont permis à M. Legault de traverser la ligne de journalistes sans répondre à quelque question que ce soit. C’est ce qu’il voulait.

Pas de questions, pas de réponses.

Question tout de même : réemploierait-il aujourd’hui le qualificatif sale qu’il a laissé tomber vendredi dernier, deux jours avant que les ministres des Finances du Canada se réunissent pour discuter de péréquation? C’est lors de cette dernière réunion qu’on a appris que le Québec recevrait 13,1 milliards $ en péréquation en 2019-2020, soit près de 300 millions $ de plus que ce que prévoyait le ministère québécois des Finances quelques jours plus tôt.

Cette question se pose compte tenu de la tempête soulevée par le premier ministre du Québec, particulièrement en Alberta. Et aussi de l’étonnement qu’il a suscité dans ses rangs.

C’est une chose de répéter ne pas vouloir d’oléoduc d’Énergie Est sur le sol québécois; c’en est une autre de parler de saleté. Après tout, le Québec profite du pétrole albertain.

LeBel choisit ses mots

Deux fois plutôt qu’une depuis la campagne électorale, François Legault a dit qu’il fallait savoir reconnaître ses erreurs. Le fera-t-il dans ce cas-ci ou assumera-t-il le mot qu’il a lâché?

La réalité, c’est qu’il a fâché son homologue de l’Alberta sans doute sans chercher à le faire. Il s’adressait aux Québécois qui veulent voir son gouvernement contribuer à la lutte contre les changements climatiques. Il a roulé des mécaniques pour les en convaincre.

Tout premier ministre a intérêt à entretenir des relations cordiales avec ses homologues. M. Legault ne l’ignore pourtant pas.

La ministre Sonia LeBel, responsable des Relations canadiennes, a elle-même dû ramasser les pots cassés mercredi, après le passage en trombe de son patron. Avec l’Alberta, «les relations ont toujours été bonnes, les relations vont continuer à être bonnes et on veut rassurer tout le monde qu’on va continuer à avoir de belles discussions» avec elle, a-t-elle dit. N’empêche : pour l’heure, elles sont refroidies.

Le refus catégorique de la ministre LeBel de commenter le qualificatif employé par M. Legault en disait long sur ce qu’elle en pense elle-même.