La Meute veut faire sa place dans la campagne électorale

Le groupe identitaire La Meute veut faire entendre sa voix lors de la prochaine élection. Ses représentants souhaitent même faire valoir leurs revendications auprès de tous les candidats, dans toutes les régions du Québec.

La Meute invite aussi les partis politiques à se positionner sur ses positions sociales et politiques. «La job des clans [sous-unités de La Meute réparties dans chaque région], c’est d’aller rencontrer les partis politiques. On va aller visiter tous les gens qui se présenteront en politique», a indiqué le porte-parole de La Meute, Sylvain Brouillette. 

Le groupe a invité les médias lundi matin pour présenter Le Manifeste, dans lequel il présente ses 17 revendications politiques et sociales qu’il mettra de l’avant lors de la campagne électorale.  

En voici quelques-unes, parmi d’autres: «révision du nombre d’immigrants au moyen d’analyses réalistes», «fin de l’immigration illégale, protection des frontières», «criminalisation du terrorisme hors Canada par des Canadiens», «interdiction de l’abattage rituel et des sacrifices d’animaux». La Meute milite aussi pour l’interdiction de la burqa et du niqab, pour une réforme du système électoral et pour l’élargissement de la définition criminelle du terrorisme domestique.    

Même si La Meute ne se présente pas comme un parti politique, et qu’elle est ni séparatiste ni fédéraliste, elle souhaite tout de même «sortir les libéraux» du pouvoir, souligne M. Brouillette. 

«On considère que le gouvernement libéral méprise les Québécois. [Il] est rendu hautain, c’est rendu une dictature, il n’y a plus moyen d’avoir une discussion sur aucun sujet sensible. C’est un des problèmes qui fait que les gens ne s’intéressent plus à la démocratie», a commenté le porte-parole.  

Les dirigeants de La Meute n’entendent pas se positionner en faveur d’un parti plutôt qu’un autre dans le but d’orienter le vote de leurs membres.

«La Meute a une certaine influence dans le monde politique et avec le temps, je pense que ça va devenir un incontournable», a indiqué M. Brouillette, questionné à l’attention que devraient accorder les politiciens au groupe qui représente, selon le porte-parole, la «majorité silencieuse» du Québec. 

Fin de non-recevoir à Québec

Tous les partis à l’Assemblée nationale ont pris leur distance lundi du groupe identitaire et de ses intentions. Le Parti libéral du Québec, le Parti québécois et la Coalition avenir Québec ont tous refusé d’émettre un commentaire. On n’a pas voulu, non plus, dire si une directive allait être donnée aux candidats sur le fait de ne pas accepter de rencontre avec des représentants de La Meute. 

Seul Québec solidaire a offert une réaction plus étoffée. Le co-porte-parole du parti, Gabriel Nadeau-Dubois, a invité tous les partis à l’Assemblée nationale à «dire rapidement aux dirigeants de ce groupe qu’ils ne veulent ni de leurs votes ni de leurs propositions». Selon M. Nadeau-Dubois, il s’agit de la meilleure façon de s’assurer que les membres de La Meute n’auront pas d’influence à l’occasion du prochain scrutin. 

«Il ne faut pas être dupes. Malgré leur tentative d’adoucir leur image et leur discours, les dirigeants de ce groupe tiennent un message trompeur qui incite à l’intolérance et véhicule des préjugés. Les partis politiques ont le devoir de les isoler et de leur signifier qu’il n’y a pas d’appétit pour leurs propositions. Il ne faut pas que de telles idées trouvent écho lors de la prochaine campagne», a ajouté Gabriel Nadeau-Dubois.