Contrairement à celles de la campagne de 2015, les pancartes de la FTQ ne ciblent pas un parti en particulier. Sous un visage en noir et blanc de ce que l’on imagine être un travailleur ou une travailleuse, qui remplace en quelque sorte la bouille du candidat électoral, on peut lire en rouge sur noir l’une des quatre phrases thématiques.

La FTQ dépense 150 000 $ pour une campagne d’affichage

PLC, PCC, BQ, NPD, PVC, PPC et… FTQ. Les affiches électorales envahissent les rues depuis une semaine. Aux partis politiques, il faut ajouter la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Le syndicat a déboursé 150 000 $ pour une campagne d’affichage public durant cette campagne électorale.

«On a des revendications. Et on souhaite que la population les voie et que les candidats des différents partis les voient», explique le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux.

M. Cadieux rappelle qu’aux dernières élections fédérales, en 2015, la FTQ avait procédé à une campagne beaucoup plus ciblée. «On disait que n’importe quoi était mieux que les conservateurs», alors au pouvoir. «On avait alors ciblé certaines circonscriptions où les conservateurs étaient forts, comme à Québec et au Saguenay, avec de la publicité dans les journaux et à la radio.»

Cette fois, l’approche est tout autre. Sous un visage en noir et blanc de ce que l’on imagine être un travailleur ou une travailleuse, qui remplace en quelque sorte la bouille du candidat électoral, on peut lire en rouge sur noir l’une des quatre phrases thématiques. «Le gros bon sens, c’est», suivi d’«une véritable justice sociale», d’«un meilleur programme d’assurance-emploi», d’«une économie verte» ou d’«une assurance médicaments publique et universelle».

Le budget de cette campagne d’affichage provinciale s’élève à 150 000 $, montant comparable à ce qui avait été dépensé par la FTQ pour la campagne fédérale de 2015.

Pas Bernier ni Scheer

Les membres du bureau de direction de la FTQ ont lancé une invitation aux chefs des cinq principaux partis à venir les rencontrer pendant la campagne, à leur quartier général de Montréal. Question de faire valoir leurs demandes en personne.

Chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier n’a pas été convié. «On est plus sévères que la commission des débats», laisse tomber M. Cadieux, mi-blagueur. «Notre critère était que le parti devait avoir au moins un député» élu sous cette bannière. Ce qui n’est pas le cas de M. Bernier, élu en 2015 pour les conservateurs avant de quitter et de fonder son propre parti.

Il est de notoriété publique que les idées beaucoup plus à droite de Bernier s’avèrent éloignées des points de vue adoptés au fil des ans par les entités syndicales, dont la FTQ.

Celui qui a battu M. Bernier dans la course à la chefferie du Parti conservateur, aussi considéré plus à droite, Andrew Scheer, a quant à lui proposé aux gens de la FTQ de rencontrer son chef de cabinet. Contre-proposition accueillie par une fin de non-recevoir. «On a refusé. C’est les chefs ou rien», tranche M. Cadieux.

La réponse des verts et d’Elizabeth May se fait attendre, tandis que Justin Trudeau, Yves-François Blanchet et Jagmeet Singh travaillent à trouver un trou dans leur horaire.

Inscrit... ou presque

Pour participer à la campagne électorale à l’aide d’une stratégie d’affichage publicitaire, l’organisation doit s’enregistrer auprès d’Élections Canada à titre de tiers.

Ce que la FTQ a fait au surlendemain du déclenchement des élections, soit le 13 septembre, courriels et accusé de réception en preuve.

Le dossier s’avérait toutefois en cours d’analyse chez Élections Canada mercredi en fin de journée, ce qui fait que la FTQ n’apparaît toujours pas, pour l’instant, parmi les tiers enregistrés. Mais ça ne devrait pas tarder.

Un parti tiers doit déclarer ses dépenses électorales et remplir des rapports qu’analysera ensuite Élections Canada pour s’assurer de la conformité du processus. La FTQ a droit de dépenser jusqu’à 500 000 $ et un maximum de 4500 $ par circonscription.