Meng Wanzhou à Vancouver, le 3 octobre dernier

La Chine dénonce les propos de «certains politiciens canadiens»

OTTAWA — L’ambassade de Chine s’en prend à «certains politiciens canadiens» qui auraient tenu des «propos erronés» sur la relation entre les deux pays et les deux Canadiens détenus en Chine.

La déclaration publiée sur le site Web de l’ambassade ne dit pas quels politiciens sont visés et ne rapporte pas précisément les commentaires en question.

Il semble que cette réaction ait été provoquée par l’entrevue que le premier ministre Justin Trudeau a accordée la semaine dernière au réseau TVA.

Au cours de l’entretien, M. Trudeau a déclaré que le Canada avait demandé aux États-Unis de ne pas signer un accord de libre-échange avec la Chine tant que les Canadiens Michael Spavor et Michael Kovrig ne seraient pas libérés.

L’ambassade affirme que les tentatives de «se liguer contre la Chine» par le biais de la «diplomatie du mégaphone» sont «vouées à l’échec».

La déclaration appelle également le Canada à libérer Meng Wanzhou, haute dirigeante du géant chinois des télécommunications Huawei, qui a été arrêtée il y a un peu plus d’un an en vertu d’une demande d’extradition des États-Unis, qui veulent la juger pour des allégations de fraude.

Quelques jours après son arrestation à l’aéroport de Vancouver, la Chine a arrêté MM. Spavor et Kovrig.

Pékin affirme que les deux hommes ont été arrêtés pour des allégations d’espionnage, mais leur détention est largement perçue comme une mesure de représailles après l’arrestation de Mme Meng.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a annoncé plus tôt en décembre que les dossiers des deux Canadiens avaient été transférés aux procureurs pour examen et poursuites.

«L’autorité judiciaire chinoise traite les dossiers dans le strict respect de la loi et leurs droits et intérêts légitimes sont garantis», indique le communiqué de l’ambassade.

«La partie chinoise exhorte la partie canadienne à respecter sérieusement l’esprit de primauté du droit et la souveraineté judiciaire de la Chine et à s’abstenir de faire des remarques irresponsables.»

Dans une longue entrevue avec La Presse canadienne la semaine dernière, le premier ministre Trudeau a dit regretter que MM. Kovrig et Spavor fassent les frais des tensions diplomatiques avec la Chine, mais a affirmé qu’il ne regrettait pas que le Canada ait respecté ses obligations en vertu du traité d’extradition avec les États-Unis.