Le premier ministre de l'Espagne, Pedro Sanchez, a rencontré le président régional catalan Quim Tora (à gauche), à Madrid.

La Catalogne divise l’Assemblée parlementaire de la Francophonie

Les représentants du Parlement catalan ont échoué à faire adopter une résolution dénonçant l’emprisonnement d’élus de la Catalogne par l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), en session à Québec jusqu’à mardi.

La résolution a été présentée par des élus catalans lors d’une séance de la Commission politique de l’APF qui s’est déroulée à huis clos. Des représentants de l’Assemblée nationale française y auraient fait obstacle, selon ce qu’il a été possible d’apprendre. Mais plusieurs autres parlements représentés à Québec étaient réfractaires à la résolution.

Les représentants catalans ont préféré ne pas s’exprimer publiquement sur le sujet afin de ne pas donner trop d’écho à cette défaite. Le Parlement catalan a le statut d’observateur au sein de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie.

La question catalane divise les États et leurs représentants politiques depuis des mois, voire des années. Contre toute attente, et après moult péripéties et bras de fer, les partis politiques québécois sont cependant parvenus à s’entendre en octobre dernier sur une résolution dénonçant l’«autoritarisme» dont avait fait preuve l’État espagnol lors du référendum tenu en Catalogne peu de temps auparavant. Le libellé appelait aussi les parties au dialogue et à recourir à une médiation internationale.

À Madrid, lundi, le président indépendantiste catalan Quim Torra a rencontré le leader du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez. Il s’agissait d’une première rencontre pour ces deux hommes depuis qu’ils occupent leurs nouvelles fonctions. Ils sont restés campés sur leurs positions, mais le dialogue interrompu l’automne dernier entre Madrid et Barcelone est néanmoins renoué.

Personnes atteintes d’albinisme

Les délégués participant à la 44e session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie ont discuté — à huis clos et dans différentes commissions internes — d’autres résolutions qui, elles, parce qu’elles ont été adoptées à cette première étape, seront soumises au vote de l’ensemble des participants mardi.

Le Réseau des femmes parlementaires de la Francophonie demandera à tous les participants de dénoncer la traite des jeunes filles. Également, d’adopter une résolution stipulant que les militaires déployés à l’étranger dans des missions de paix soient sanctionnés par leur gouvernement s’ils commentent des crimes sexuels.

À l’initiative de la députée québécoise Carole Poirier, la Commission de l’éducation, de la communication et des affaires culturelles a adopté une résolution exigeant que des programmes d’éducation soient créés en Afrique afin de sensibiliser les populations à l’albinisme et afin de protéger de toute exaction les personnes qui en sont atteintes — qui vivent sans mélanine.

«Dans certains pays africains, ces personnes sont maltraitées», a insisté Mme Poirier en entrevue avec Le Soleil afin de bien faire comprendre la nécessité d’agir.

Boucar Diouf

Le thème central de cette 44e session de l’APF, qui réunit quelque 400 délégués, a trait aux «bonnes pratiques des parlements à l’ère du numérique».

Lundi, le coup d’envoi de la séance plénière a été donné par le président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, par la Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, Michaëlle Jean, et par l’homme de sciences, philosophe, humoriste et communicateur, Boucar Diouf.

Ces dernières heures, les parlements de la Nouvelle-Calédonie, du Mexique et du Kosovo ont été admis à l’Assemblée parlementaire de la Francophonie.