La CAQ appuie le tramway à Québec

La Coalition avenir Québec (CAQ) trouve «intéressant» le projet de transport structurant de la Ville de Québec et s’engage à le financer si elle est élue. Le parti a choisi cette position, même s’il sait qu’elle peut lui coûter quelques votes.

«On est très, très, très conscients que ce qu’on dit ne plaira pas, en tout cas, dans un premier temps, à des gens qui seraient favorables à la Coalition avenir Québec», a soutenu le député Éric Caire en conférence de presse lundi. Certains électeurs ont soutenu ces derniers jours qu’ils allaient «tourner le dos» à la CAQ si elle appuyait le projet, mais M. Caire soutient que son parti a «le courage» de mettre cartes sur table et de dire qu’elle le soutient, à quelques conditions près.

«C’est un très beau projet. C’est un projet futuriste, moderne, qui dessert comme on l’avait demandé les banlieues à Québec. Il y a un problème important avec le projet, c’est que Philippe Couillard n’a pas exercé son leadership pour arrimer le projet avec le transport en commun à Lévis et avec le projet de troisième lien», a commenté le chef de la CAQ François Legault, en marge d’une conférence de presse à Montréal. 

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Si elle est élue, la CAQ s’assurerait qu’une bonne interconnexion soit faite avec la Rive-Sud, et que le projet de troisième lien routier entre Québec et Lévis avance au même rythme que le projet de transport structurant, afin que les deux soient connectés. 

«Ce n’est pas une vue de l’esprit de penser que, menés de front, ces deux projets-là puissent à peu près aboutir en même temps», a soutenu le député François Paradis. M. Caire a même évoqué la possibilité que le tramway puisse emprunter le troisième lien. «On doit valider la possibilité de, par exemple, avoir un chemin de fer dans un tunnel», a-t-il lancé. Selon lui, il y a plusieurs «contraintes» à faire passer le tramway par le pont de Québec, alors que les possibilités sont ouvertes dans un troisième lien.  

La CAQ a réitéré lundi son engagement à commencer la construction d’un troisième lien dans un premier mandat. Le parti juge que la présentation rapide du nouveau projet de transport structurant à Québec est «la preuve que, quand, en politique, on veut quelque chose, ça peut avancer très vite.»

Maximum 4 milliards $

Le député Éric Caire s’est aussi fait plus précis sur la facture totale que la CAQ est prête à assumer pour la construction d’un troisième lien. «Ce qu’on sait, c’est que ça va être moins de 4 milliards $. Mais combien moins de 4 milliards $? On ne le sait pas.»

Pour avoir l’argent nécessaire pour mener ces deux dossiers de front, la CAQ indique que pour le projet de transport structurant, elle ne veut pas payer un sou de plus que 60% du coût total de 2,9 milliards $. 

Au cours des dernières années, la CAQ s’est positionnée contre le premier projet de tramway présenté par Régis Labeaume et contre le projet de Service rapide par bus, qui a finalement été abandonné l’an dernier. 

En entrevue au Soleil, la ministre déléguée aux Transports Véronyque Tremblay soutient que la CAQ sème «la confusion» en entretenant plusieurs positions contraires au fil du temps sur le transport en commun à Québec. «On se rallie, du bout des lèvres [...] Est-ce que les gens veulent d’un gouvernement de la CAQ qui change toujours d’opinion dans le dossier des transports?»

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PRUDENTS CONSERVATEURS

Les députés conservateurs de la grande région de Québec y sont allés d’une déclaration tiède sur le réseau structurant de transport en commun (RSTC) de la Ville de Québec, lundi. «Tout au long de la fin de semaine, nous avons écouté ce que nos commettants pensent du projet et, comme eux, nous avons des questions qui restent sans réponse, notamment en matière de coût, de financement et de trajet», ont-ils fait savoir dans un communiqué de presse. 

En entrevue téléphonique, le député de Charlesbourg—Haute-Saint-Charles a qualifié de «primordial» un éventuel lien avec la rive sud puisque «le problème majeur pour la région de Québec, c’est le goulot des ponts». Pierre Paul-Hus refuse toutefois de se positionner plus avant. Selon lui, c’est au gouvernement du Québec et à la Ville de Québec de mener le projet comme ils l’entendent tout en répondant aux questions des citoyens. S’il y avait un référendum, les conservateurs s’en tiendraient loin, a-t-il d’ailleurs confirmé.  Annie Morin