Le premier ministre sortant et chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, était en tournée au Nouveau-Brunswick, mardi.

Justin Trudeau promet de protéger l’accès aux cliniques d’avortement

FREDERICTON — Justin Trudeau promet que si son gouvernement libéral est réélu, il viendra au secours de la clinique d’avortement de Fredericton menacée de fermeture en raison du retrait de son financement provincial. Un engagement qu’il a pris malgré les critiques qui plaident que le problème aurait pu être évité s’il avait lui-même réagi plus tôt.

Lors d’un premier point de presse à Fredericton en début de journée, M. Trudeau a promis aux électeurs néo-brunswickois qu’une fois élu, il rencontrerait le premier ministre progressiste-conservateur Blaine Higgs pour s’assurer que la province offre à ses citoyens des services d’avortement, sans quoi des pénalités pourraient être imposées en vertu de la Loi canadienne sur la santé.

L’avortement est devenu un enjeu dans la province maritime, alors que la seule clinique privée d’avortement du Nouveau-Brunswick, la Clinique 554, a annoncé récemment devoir fermer ses portes, le gouvernement refusant de couvrir les procédures d’avortement qui ne se déroulent pas dans un hôpital.

Cette clinique offre aussi de la médecine familiale et des services particuliers à la communauté LGBTQ+.

Il n’y a pas eu de véritable changement de politiques par rapport au précédent gouvernement libéral de Brian Gallant, considéré comme un allié de Justin Trudeau, mais ce détail n’a pas freiné le discours politique.

«Un gouvernement libéral défendra toujours les droits des femmes, y compris contre des politiciens conservateurs qui veulent limiter les droits des femmes, quelque chose qu’Andrew Scheer ne ferait certainement pas», a-t-il lancé.

Andrew Scheer, un catholique pratiquant qui a voté pour restreindre le droit à l’avortement dans le passé, a affirmé qu’il était personnellement anti-choix, mais qu’il s’opposerait à toute tentative de relancer ce débat à la Chambre des communes.

Deux hôpitaux à Moncton et un autre à Bathurst sont devenus les seuls endroits où sont offerts les services d’avortement couverts par l’assurance-maladie dans la province.

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La Loi canadienne sur la santé décrit les conditions en vertu desquelles les provinces peuvent recevoir leur part des transferts fédéraux en santé, ce qui donne à Ottawa la possibilité de pénaliser celles qui ne suivent pas les règles.

«Si on est réélu, je m’assoirais avec le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, pour lui expliquer qu’il doit fournir une couverture pour les services d’avortement offerts en dehors des hôpitaux, ici, au Nouveau-Brunswick», a promis M. Trudeau.

«Le gouvernement fédéral serait prêt à utiliser tous les outils nécessaires, y compris sous la Loi canadienne sur la santé, pour s’assurer que ce soit fait par le gouvernement du Nouveau-Brunswick.»

M. Trudeau a également profité de son point de presse pour séduire les électeurs aînés, affirmant que réélire un gouvernement libéral serait la meilleure façon de s’assurer que tous les Canadiens ont accès à un médecin de famille.

Il a ajouté que les libéraux amélioreraient également l’accès aux services pour les personnes atteintes de maladies mentales et aux soins à domicile pour les aînés, en plus de mettre en place un programme national d’assurance-médicaments.

Message aux verts

À moins d’une semaine du scrutin, le chef libéral Justin Trudeau a passé la journée de mardi dans deux provinces de l’Atlantique, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse, où son parti avait réussi l’exploit d’un balayage en 2015.

Le chef libéral s’est par ailleurs fait demander s’il avait un message à lancer aux électeurs de l’Atlantique séduits par le message environnementaliste du Parti vert, qui espère bien faire une percée dans plusieurs circonscriptions de ces provinces après avoir connu du succès dernièrement à l’échelle provinciale.

«Nous reconnaissons à quel point les changements climatiques sont une menace pour nous et à travers le monde», a-t-il admis.

Il a rappelé que son parti a mis en place ce qu’il considère comme le plan «le plus ambitieux» qu’il y ait eu au Canada pour lutter contre les changements climatiques.

Pour ce faire, il a dû s’opposer à des premiers ministres conservateurs comme Jason Kenney en Alberta et Doug Ford en Ontario, qui ne souhaitaient pas lutter pour l’environnement, a-t-il affirmé, ajoutant que son rival Andrew Scheer ne comprend pas non plus que l’on doit travailler sur les changements climatiques pour bâtir une économie plus forte.

Selon lui, un gouvernement libéral doit être élu avec un mandat fort pour s’opposer à ceux qui ne veulent pas lutter pour protéger l’environnement.