En dévoilant les sommes investies un peu partout dans la province, la ministre régionale Julie Boulet, le ministre des Transports André Fortin et sa ministre déléguée, Véronyque Tremblay, ont fait plusieurs heureux.

Investissements dans le réseau routier: un effort louable, dit Bitume Québec

Au lendemain de l’annonce, à Trois-Rivières, d’investissements de 4,8 milliards $ sur les routes québécoises entre 2018 et 2020, l’organisme Bitume Québec se réjouit qu’enfin le gouvernement du Québec s’occupe d’un réseau «trop longtemps négligé».

En dévoilant les sommes investies un peu partout dans la province, la ministre régionale Julie Boulet, le ministre des Transports André Fortin et sa ministre déléguée, Véronyque Tremblay, ont effectivement fait plusieurs heureux.

Bitume Québec est l’un des premiers concernés par ce changement de cap. Partout au Québec, le groupe réunit tous les acteurs de l’industrie du pavage, de l’entretien des routes et aussi de la production de bitume. 

«200 millions $ de plus qu’initialement prévu dans la remise à niveau du réseau routier, sous la responsabilité du MTQ, c’est un pas de plus accompli vers une remise à niveau bonifiée», a dit l’organisme dans un communiqué transmis au Soleil samedi matin. 

Encore des interrogations 

Malgré tout, le président du regroupement provincial, Martin Pelletier, s’est interrogé samedi à savoir si, en dépit d’efforts gouvernementaux importants, les investissements concentrés à l’unique réhabilitation du réseau seront bel et bien suffisants pour renverser la tendance.

En insistant surtout sur la nécessité d’enclencher un «rattrapage historique essentiel» sur les routes du Québec, M. Pelletier dit prendre en preuve de son argumentaire les impacts dévastateurs de l’hiver, qui continuent de détruire les routes lors des périodes de gel et de dégel successives. 

«Les fortes contraintes mécaniques qui ont été infligées au réseau, avec des hausses et des chutes de température brutales en l’espace, parfois de 24 heures, ça laisse craindre le pire à l’aube d’un printemps anticipé qui permettra de diagnostiquer adéquatement et d’évaluer l’ampleur des dommages subis», explique-t-il. 

À Montréal, notamment, près de 500 kilomètres d’asphalte, de rue et voies d’accès, devront faire l’objet d’une réfection, ajoute-t-il.

Les dirigeants de Bitume Québec espèrent fortement que l’annulation de chantiers prévus sera minime en 2018. Cette saison, pas moins de 2119 chantiers doivent se déployer au Québec.

D’autant plus qu’au cours des deux dernières années, les retards sur les chantiers ont bouleversé l’industrie avec des reports équivalents à près de 500 millions $, selon les données de l’organisme, ce qui a «engendré une forme de déplorable anarchie», indique-t-on dans un communiqué. 

Changement de culture 

Pour régler le problème, il faut d’abord effectuer un lancement d’appels d’offres plus efficace, aux dires de Martin Pelletier, les appels tardifs ne laissant aucune marge de manœuvre aux entreprises. 

«L’industrie possède toute l’expertise, les connaissances, les technologies et la volonté nécessaire pour appuyer le ministère dans le développement et la réalisation des chantiers prévus», explique-t-il, soulignant même que les membres de Bitume Québec sont en mesure de donner une valeur ajoutée aux investissements du ministère, à l’avantage des usagers du réseau d’abord. 

Plus loin encore, le patron de Bitume Québec parle de la nécessité d’imposer un changement de culture au MTQ, surtout en ce qui concerne les pratiques et les procédures de gestion de l’entretien continu et progressif. 

«Ce changement de culture souhaité est une sorte de passage obligé pour l’optimisation du Plan québécois des infrastructures 2016-2026, qui prévoit des investissements de 88,7 milliards $ dans les infrastructures publiques, dont 17,3 milliards $ uniquement dans le réseau routier», conclut-il.