La Vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, a surpris des élus la semaine dernière en livrant le détail des difficultés de rétention du personnel vécues par son organisation. En 2016-2017, elle a connu 30 départs, dont seulement trois pour cause de retraite.

Il faut sauver le Vérificateur général, dit le Parti québécois

L’Assemblée nationale ne peut rester les bras croisés devant le départ de cadres et d’employés du bureau du Vérificateur général (VG) du Québec, dit le péquiste Nicolas Marceau. Elle doit réagir. La situation est inquiétante, selon lui.

«C’est important comme problème», expose le critique de l’opposition officielle en matière de finances publiques.

Nicolas Marceau rappelle que le bureau du Vérificateur général a la responsabilité de «jeter un œil indépendant et impartial sur l’efficacité et le fonctionnement» de l’État québécois.

En commission parlementaire, la semaine dernière, la Vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, a surpris des élus en livrant le détail des difficultés de rétention du personnel vécues par son organisation. En 2016-2017, elle a connu 30 départs, dont seulement trois pour cause de retraite. Les autres employés et cadres partis ont choisi d’aller œuvrer ailleurs.

Le problème s’est aggravé depuis. Au cours des neuf premiers mois de l’année 2017-2018, le bureau du Vérificateur général a enregistré pas moins de 43 départs, dont seulement cinq pour la retraite. La plupart des 38 autres employés et cadres ont démissionné pour aller ailleurs — pas seulement dans le secteur privé, mais aussi dans l’appareil public québécois.

«On est au seuil minimum où l’on est en mesure de réaliser nos mandats», a déclaré Guylaine Leclerc aux députés de la Commission de l’administration publique.

Six cadres et neuf chargés de projet figurent parmi les 43 départs survenus durant les neuf premiers mois de la présente année financière.

Actuellement, 237 personnes travaillent au bureau du Vérificateur général du Québec. Son budget de fonctionnement est de l’ordre de 30 millions $ par année.

Par malice ou négligence…

À l’instar de Guylaine Leclerc, Nicolas Marceau croit qu’il faut rendre plus attractifs les salaires et les conditions d’emploi de certains postes internes. «Des moyens supplémentaires doivent être octroyés au bureau du Vérificateur général pour qu’il puisse mener à bien sa mission, affirme-t-il. Nous, on va demander à ce que ces moyens supplémentaires soient attribués.»

Il suggère que l’organisation puisse jouir d’une «grande flexibilité dans la façon dont les gens à l’interne sont rémunérés».

Le député péquiste rappelle que du temps du gouvernement de Stephen Harper, à Ottawa, le Directeur parlementaire du budget avait vu ses crédits s’«assécher». Il ne faudrait pas, au Québec, qu’«on en arrive par malice ou par négligence» à pareil assèchement ou «à un dysfonctionnement chez le VG».