Dans ce coup de sonde mené par Recherche Mainstreet, 85,5 % des répondants sont d’avis que les entreprises privées devraient payer si elles veulent polluer l’environnement.

Environnement : les Canadiens en faveur de mesures en dépit de l’économie

La majorité des Canadiens croient que le gouvernement fédéral devrait prendre des mesures pour résoudre le problème des changements climatiques, même si cela signifie que l’économie du pays en souffre, révèle un sondage Recherche Mainstreet.

L’enquête menée du 27 juin au 2 juillet dernier dans les 10 provinces auprès de 2651 adultes indique qu’un peu plus de 61 % des Canadiens conviennent qu’il est important que le gouvernement agisse pour régler le problème des changements climatiques, même si cela doit avoir un impact sur l’économie.

Les Québécois (76,8 %) sont ceux qui sont le plus en accord avec cet énoncé, contrairement aux Albertains (36,5 %).

Ce coup de sonde, commandé par iPolitics et Groupe Capitales Médias, indique également que trois répondants sur quatre (76,5 %) pensent que les changements climatiques sont réels et qu’ils sont causés par l’activité humaine.

Or, la plupart des climatosceptiques, soit ceux qui ne croient pas que les changements climatiques sont réels et causés par l’activité humaine, se trouvent en Alberta (21,5 %) et dans les Prairies (16,1 %).

Le président de la division québécoise de Recherche Mainstreet, Luc Fortin, constate également que dans l’ensemble du pays, « c’est vraiment chez les partis progressistes où il y a la plus forte progression de répondants qui sont en accord avec l’affirmation que les changements climatiques sont réels et causés par l’activité humaine. Il y a quand même une majorité des électeurs conservateurs qui sont aussi en accord. Du côté des partisans de Maxime Bernier, ceux qui sont en accord et ceux qui sont en désaccord sont presque à égalité. [...] Ce que l’on peut déduire, c’est que plus on est à droite, moins on est d’accord que les changements climatiques sont réels et causés par l’activité humaine. »

Pollueur-payeur

Par ailleurs, 85,5 % des répondants sont d’avis que les entreprises privées devraient payer si elles veulent polluer l’environnement. 

Cette question est celle qui a suscité le plus grand accord, même en Alberta (75,2 %).

Selon M. Fortin, ce consensus pourrait être expliqué par le fait « qu’on dit qu’il est inacceptable que certaines personnes s’enrichissent en détruisant un bien collectif ».

L’autre facteur serait que « l’entreprise privée, ce n’est pas nous, ce n’est pas notre portefeuille personnel ou collectif, on a l’impression que c’est un corps étranger, et c’est plus facile d’exiger des gestes quand on n’a pas l’impression que ça va nous toucher personnellement ».

Devoir moral

Le dernier chapitre du sondage révèle également qu’un peu moins de 68 % des Canadiens pensent avoir un devoir moral envers les générations futures de ne pas détruire davantage l’environnement, même si cela signifie de payer plus d’impôts à court terme, contre 27,5 % qui sont en désaccord. 

M. Fortin remarque également que pour la plupart des sujets sondés, la gauche et la droite se positionnent de manière différente sur la question de l’environnement, mais qu’il s’agit rarement d’un enjeu générationnel. 

« Ça pourrait être le premier réflexe, que les jeunes sont davantage exposés et sensibilisés. Mais les plus vieux sont aussi consciencieux de laisser un environnement sain. Ce n’est pas pour rien que les politiciens affirment qu’ils prennent des décisions pour leurs enfants et leurs petits-enfants, ils savent que les parents et grands-parents vont se reconnaître. »

De façon générale, ces statistiques sont plutôt encourageantes, juge le président de la division québécoise de Recherche Mainstreet. 

« Ça démontre que oui, il y a une grande sensibilité de manière générale des Canadiens envers cet enjeu-là. Ça démontre aussi, et c’est ce qui est encourageant, que les partis politiques doivent se positionner face à l’environnement. Même aux partis plus à droite, il y a une sensibilité. »

Le sondage a une marge d’erreur de plus ou moins 1,9 %, 19 fois sur 20.