Le 10 décembre dernier, plus de 90% des membres d'Option nationale, dirigé par Sol Zanetti (à droite), ont entériné la fusion avec Québec Solidaire, dont le co-porte-parole est Gabriel Nadeau-Dubois (à gauche).

Entente entre des dissidents d'Option nationale et le Parti indépendantiste

Des dissidents d’Option nationale qui ont refusé la fusion avec Québec solidaire sont sur le point de se joindre au Parti indépendantiste, un tiers parti souverainiste qui n’a présenté qu’un candidat et récolté seulement 126 voix lors des dernières élections générales.

L’un des leaders des dissidents, Denis Monière, a confirmé l’entente au Soleil. «Nous avons eu une rencontre exploratoire avec les gens du Parti indépendantiste et il y a une entente de principe», a expliqué M. Monière.

Lors de cette rencontre, il a été convenu de transférer le programme d’Option nationale vers le Parti indépendantiste pour qu’il devienne le programme officiel du parti et pour que d’anciens militants d’Option nationale puissent siéger au conseil d’administration du Parti indépendantiste.

Nouveau nom

Le parti changerait également de nom et deviendrait fort probablement le «Nouveau parti indépendantiste». «On reprend le modèle du Parti du commonwealth coopératif, qui est devenu le Parti social-démocratique en 1955, puis le Nouveau parti démocratique en 1961. On veut signifier une coupure entre les deux partis», indique M. Monière.

 M. Monière a dit ne pas s’inquiéter du fait que les militants d’Option nationale penchaient plutôt à gauche alors que plusieurs militants du Parti indépendantiste ont une vision plus identitaire de la politique québécoise. 

«Les deux partis ont la même approche en ce qui a trait au mode d’accès à l’indépendance: une élection référendaire. Notre logique à nous, c’est que l’indépendance passe avant tout et que ce n’est pas le temps de discuter des projets périphériques, à gauche ou à droite. On construit la maison, ensuite on pourra discuter de la couleur des murs!» illustre-t-il.

Hypothèse numéro un

M. Monière souhaite présenter l’entente de principe aux militants qui ont quitté Option nationale au mois de janvier. Ceux-ci pourront alors l’accepter ou la rejeter. «C’est vraiment notre hypothèse numéro un, l’autre serait de fonder un nouveau parti politique, mais ce ne serait pas l’idéal en raison des contraintes de temps et du fait qu’il faudrait attendre un an avant d’avoir droit au financement public», souligne-t-il en rappelant que les prochaines élections générales sont prévues pour 2018. 

Denis Monière a signalé que deux points pourraient faire échouer les discussions, à savoir deux sujets sur lesquels les militants d’Option nationale et le Parti indépendantiste sont en «désaccord substantiel».

«Option nationale n’a jamais remis en cause l’existence d’un système scolaire séparé anglophone, même s’il souhaitait en réajuster le financement alors que le Parti indépendantiste prône un seul système scolaire francophone. Également, la politique d’immigration du Parti indépendantiste, qui veut imposer des quotas, n’est pas logique. Nous pensons plutôt que c’est l’intérêt national qui doit déterminer si on augmente ou diminue le nombre d’immigrants», poursuit M. Monière.

Une soixantaine de membres d’Option nationale ont quitté le parti avec fracas lors du congrès extraordinaire du 10 décembre à l’Université Laval où plus de 90% des membres ont entériné la fusion avec Québec Solidaire. «Mais nous sommes sans doute plus que ça [à refuser la fusion]. Nous allons lancer un appel à tous», signale Denis Monière, qui ne connaît cependant pas le nombre de membres du Parti indépendantiste. «Il y aurait 300 personnes qui ont fait des dons à ce parti».

Futur chef

Quant au chef du futur parti fusionné, il serait nommé lors d’un congrès en février si la fusion est entérinée. Même s’il a dirigé de 1985 à 1987 un parti provincial qui s’appelait aussi Parti indépendantiste ainsi que le Parti nationaliste du Québec sur la scène fédérale de 1984 à 1987, M. Monière jure qu’il ne vise pas ce poste.

«Ce n’est pas mon objectif. J’ai été chef de deux partis politiques par le passé, mais je l’ai été par nécessité et par devoir», a-t-il conclu.

Quant au chef du Parti indépendantiste, Michel Lepage, un ancien sondeur officiel du Parti québécois, il n’a pu être joint par le Soleil puisqu’il était hospitalisé mardi. Né en 2008, le parti a présenté 19 candidats et récolté 4 227 votes aux élections de 2008, puis en a présenté 10 pour obtenir 1 244 voix au scrutin général de 2012. En 2014, seul M. Lepage a posé sa candidature et a reçu l’appui de 126 électeurs de la circonscription de Borduas.