Ruba Ghazal, qui vient tout juste d'être élue sous la bannière de Québec solidaire (QS) dans la circonscription de Mercier, croit que les Québécoises commencent à avoir suffisamment confiance en elles pour se lancer en politique.

Élections provinciales: les Québécois ont élu un nombre record de femmes

MONTRÉAL — Les électeurs québécois ont élu un nombre record de femmes lors des élections provinciales de lundi dernier, autre preuve de l'implication grandissante des femmes en politique un peu partout en Amérique du Nord.

Avec ses 52 députées, qui comptent pour 41,6 % des 125 sièges de l'Assemblée nationale, le Québec a maintenant le pourcentage le plus élevé de femmes élues au Canada, selon Esther Lapointe, la directrice générale du Groupe Femmes, Politique et Démocratie, un organisme à but non lucratif qui milite pour une plus grande participation des femmes à la vie politique.

Ce titre était jusqu'ici détenu par l'Ontario, où 39,5 % des députés élus au scrutin de juin étaient des femmes.

Au sud de la frontière, les médias américains soulignent régulièrement la «hausse historique» du nombre de candidates briguant des sièges de représentantes ou de sénatrices dans le cadre des élections de mi-mandat qui se dérouleront en novembre.

Ruba Ghazal, qui vient tout juste d'être élue sous la bannière de Québec solidaire (QS) dans la circonscription de Mercier, croit que les Québécoises commencent à avoir suffisamment confiance en elles pour se lancer en politique.

«Maintenant, nous avons de plus en plus de modèles», a-t-elle déclaré en entrevue avec La Presse canadienne vendredi.

Selon Mme Ghazal, il est bénéfique de voir des femmes ne pas se laisser emporter dans des échanges agressifs avec des hommes.

La co-porte-parole de QS, Manon Massé, a reçu des éloges pour sa prestation aux débats électoraux durant lesquels elle a refusé de prendre part à ce que Ruba Ghazal a qualifié de «combat de coqs» entre les trois candidats de sexe masculin.

«C'était une façon différente de faire de la politique, a résumé la députée de Mercier. Cela ne veut pas dire que les femmes ne sont pas combatives. Manon Massé peut être très combative.»

Mme Ghazal confie que Françoise David, une membre fondatrice de QS ayant quitté la politique en 2017 après avoir représenté la circonscription montréalaise de Gouin à l'Assemblée nationale pendant cinq ans, figurait parmi ses modèles.

«Ça fonctionne»

La jeune femme cite aussi comme exemple Valérie Plante, qui est devenue en 2017 la première femme à occuper la mairie de Montréal.

En entrevue avec La Presse canadienne, Mme Plante a qualifié de «fantastique» le fait qu'autant de femmes aient été élues le 1er octobre.

«Cela démontre vraiment que lorsque les partis décident de prendre cet enjeu au sérieux et d'investir, ce qui signifie de mettre en place toutes les mesures requises pour s'assurer qu'un grand nombre de femmes sont retenues comme candidates, cela fonctionne», a indiqué la mairesse.

La moitié des candidats présentés par Projet Montréal aux élections municipales de 2017 étaient des femmes et le comité exécutif de la ville compte maintenant six femmes et sept hommes.

Valérie Plante a dit s'attendre à ce que le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) et nouveau premier ministre, François Legault, respecte sa promesse de former un cabinet paritaire.

Vingt-huit des 74 candidats élus de la CAQ sont des femmes.

Certaines voix au Québec se sont élevées en faveur de l'adoption d'une loi qui obligerait les partis politiques de la province à présenter au moins 50 % de femmes aux élections.

Si la CAQ est opposée aux quotas, QS estime qu'ils sont nécessaires.

Quant à Mme Lapointe, elle croit que ce type de loi est essentiel, surtout parce que les formations politiques québécoises sont financées par les fonds publics.

«Juste avant le début des élections [de 2018], il y avait moins de députées qu'en 2003, a rappelé la directrice générale du Groupe Femmes, Politique et Démocratie. Pourquoi? Parce qu'il y a des avancées et qu'il y a des reculs. S'il n'y a pas de loi, rien ne garantit que dans quatre ans, il n'y aura pas moins de candidates.»