En fin de session parlementaire, vendredi, Philippe Couillard a indiqué qu'il ferait campagne sur son bilan de gouvernement, qu'il décrit comme étant exemplaire, mais surtout sur une proposition, qu'il veut étoffée, d'un deuxième mandat.

Élections 2018: Couillard plus «tough que le monde pense»

À plus ou moins neuf mois de l'échéance, le premier ministre Philippe Couillard s'affiche plus combatif que jamais et déjà prêt à entreprendre la prochaine campagne électorale, une bataille qui s'annonce rude, mais qu'il entend bien gagner.

Il se décrit d'ailleurs comme un chef politique bien plus «tough» que les gens pensent de lui en général, et semble visiblement pressé d'en découdre avec celui qui s'annonce comme son principal adversaire lors du scrutin d'octobre 2018, le chef caquiste François Legault, si on se fie aux derniers sondages.

Lors de la traditionnelle conférence de presse tenue en marge de la fin de la session parlementaire, vendredi, M. Couillard a dit qu'il ferait campagne sur son bilan de gouvernement, qu'il décrit comme étant exemplaire, mais surtout sur une proposition, qu'il veut étoffée, d'un deuxième mandat.

Il a dit souhaiter que la population sera au rendez-vous, au moins pour écouter ce qu'il aura à dire, malgré l'apparente désaffection qui frappe son gouvernement et son parti, au profit de la Coalition avenir Québec (CAQ), selon les intentions de vote exprimées dans les récents sondages.

Il promet «d'impressionner» les électeurs avec son projet de deuxième mandat. «Je leur demande juste de m'écouter» et de se montrer disposés à considérer ce qu'il aura à proposer «pour les quatre prochaines années», a dit le chef libéral.

«Je suis pas mal plus "tough" que le monde pense», a commenté le premier ministre, qui se qualifie de «combattant doux», les yeux déjà fixés sur le prochain rendez-vous électoral.

Il ne reste qu'une seule session aux libéraux d'ici les élections, de février à juin, pour mener à terme leur plan de match et regagner la première place dans le coeur des électeurs.

Il a qualifié le chef caquiste, François Legault, d'«arrogant», un chef politique selon lui prompt à vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, prenant déjà les mesures «de ses rideaux pour l'édifice Price», la résidence officielle du premier ministre.

Il a réaffirmé qu'il ne laisserait plus rien passer de la part de M. Legault et de son équipe, répliquant coup pour coup.

Le premier ministre a aussi réaffirmé que son gouvernement avait fait ce qu'il avait dit qu'il ferait en 2014, vantant la bonne performance de l'économie sous son règne, la faiblesse historique du taux de chômage, autour de 5 %, soit un seuil proche du plein emploi, sans compter les récentes baisses de taxes et d'impôts.

Legault sur la défensive

Lors de sa conférence de presse, qui suivait immédiatement celle du premier ministre, le chef caquiste a paru sur la défensive.

Il a dit qu'il ne tenait rien pour acquis, malgré les sondages favorables. Il préfère aussi se tenir loin des «attaques personnelles» dirigées vers lui.

M. Legault a insisté sur le fait qu'il était beaucoup plus ambitieux pour le Québec que pouvait l'être son adversaire libéral, en faisant des comparaisons avec l'Ontario, ce qu'il fait régulièrement.

«M. Couillard dit qu'il est satisfait de l'économie. Moi, je ne suis pas satisfait d'avoir un écart de richesse de 20 % avec le reste du Canada. Donc, on a beaucoup plus d'ambition que M. Couillard en économie», selon lui.

Même constat en éducation. «M. Couillard semble satisfait qu'on ait un taux de diplomation de seulement 75 %, alors qu'en Ontario c'est 86 %. Moi, je ne suis pas satisfait. Je veux qu'on propose des mesures très concrètes : la maternelle quatre ans, l'école secondaire de 9 à 5 pour améliorer les taux de diplomation.»

En santé, il juge la situation «catastrophique». «Les gens ont un médecin de famille, mais ils n'ont pas accès à ce médecin de famille-là quand ils sont malades», selon le chef caquiste, qui souhaite incarner «le changement» lors des prochaines élections.

PQ: toujours dans la course

Le Parti québécois (PQ) a beau former l'opposition officielle, il est pratiquement disparu de l'écran radar du gouvernement et de la CAQ depuis qu'il est à la traîne dans les sondages, ne recueillant plus que 19 % de l'appui populaire.

Durant sa conférence de presse, vendredi, le chef du parti, Jean-François Lisée, a donc dû une fois de plus réaffirmer que son parti était «sans aucun doute» toujours dans la course.

Il a aussi réaffirmé que la seule option pour les souverainistes était de voter PQ aux prochaines élections, pour défaire les libéraux et préparer le terrain pour un référendum sur la souveraineté, lors d'un second mandat.

QS veut la première place

De son côté, Québec solidaire estime augmenter constamment le nombre de ses appuis et entend bien «se battre pour la première place» lors du scrutin d'octobre 2018, a dit le député de Gouin, Gabriel Nadeau-Dubois.

Ce dernier a réaffirmé que Québec solidaire avait pris la bonne décision, lors de son dernier congrès, en rejetant l'idée de forger une alliance électorale avec le Parti québécois.