Élections Québec a lancé lundi une consultation sur le vote par Internet.

Devrait-on pouvoir voter par Internet?

Les Québécois sont-ils à l’aise ou pas d’exercer leur droit de vote par Internet? C’est ce que cherche à savoir Élections Québec, qui a lancé lundi une consultation sur le sujet.

«On veut mesurer les attentes, l’acceptabilité sociale d’un tel projet», explique Julie St-Arnaud Drolet, porte-parole d’Élections Québec. En plus de prendre le pouls des électeurs, l’organisme étudie les expériences de vote en ligne au Canada et ailleurs dans le monde. 

«Le côté pratique, c’est de pouvoir voter n’importe où, à partir d’un téléphone cellulaire, d’une tablette ou d’un ordinateur. Mais il y a des risques technologiques aussi. On peut penser à un acte malveillant qui viendrait modifier le résultat de l’élection ou dévoiler pour qui quelqu’un a voté», indique Mme St-Arnaud-Drolet. 

Élections Québec ne souhaite pas revivre les ratés du vote électronique, qui avait été utilisé par 140 villes aux élections municipales de 2005. À ce moment-là, les machines de vote électronique, installées dans les bureaux de vote physiques, avaient connu des problèmes techniques. Un moratoire sur l’utilisation de ces machines avait ensuite été décrété. «On est ailleurs maintenant et la technologie a beaucoup évolué», indique Mme St-Arnaud Drolet. 

C’est pourquoi les députés de l’Assemblée nationale ont demandé à Élections Québec, en juin 2018, d’étudier la question. Un rapport contenant des recommandations du Directeur général des élections Pierre Reid sera soumis aux parlementaires au printemps 2020. 

Ailleurs au Canada

Au Canada, les électeurs de l’Ontario ont la possibilité de voter par Internet depuis 2003 aux élections municipales. En Nouvelle-Écosse, c’est aussi le cas depuis 2008. Le 1er octobre prochain, ce sera au tour des citoyens des Territoires du Nord-Ouest de voter par Internet. 

Élections Québec étudie aussi les expériences de l’Estonie et de la Suisse, qui offrent aux électeurs de voter en ligne, tout en conservant un scrutin traditionnel, sur papier. «Les expériences à travers le monde ne permettent pas de conclure que ça augmente le taux de participation de façon significative aux élections. En général, les gens qui votent par Internet auraient voté quand même», indique Mme St-Arnaud Drolet. 

Pour l’heure, Élections Québec n’a pas encore mesuré combien coûterait l’ajout de cette possibilité de voter sur le Web. 

Les citoyens peuvent faire connaître leur avis sur le sujet jusqu’au 3 novembre au www.electionsquebec.qc.ca/voteparinternet/. Un sondage effectué auprès de 1000 répondants viendra compléter le portrait.