La Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec voit d’un bon œil le plan de dépistage précoce des troubles de développement que prépare le ministre délégué à la Santé et aux services sociaux, Lionel Carmant.

Dépistage précoce: les éducatrices tendent la main au ministre Carmant

Environ 76 % des éducatrices en milieu familial disent avoir joué un rôle dans le dépistage du trouble de développement des enfants dont elles ont la charge.

Cette donnée est tirée d’un sondage réalisé chez les membres la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ). Elle démontre que les éducatrices sont des «partenaires importantes» pour identifier les enfants à besoins particuliers et qu’elles sont «bien formées pour le faire», indique Valérie Grenon, présidente de la FIPEQ.

«Ça certifie ce que l’on soupçonnait. Souvent, l’enfant passe plus de 40 heures par semaine avec son éducatrice, qui est très bien placée pour l’observer en interaction avec les autres enfants et déceler ses forces ou ses faiblesses», ajoute Mme Grenon.

C’est en discutant avec les parents de leurs observations que les éducatrices amènent souvent ceux-ci à consulter un professionnel de la santé pour leur bambin. 

La FIPEQ voit d’un bon œil le plan de dépistage précoce des troubles de développement que prépare le ministre délégué à la Santé et aux services sociaux, Lionel Carmant. Au Soleil, le ministre a dit vouloir que les services se donnent en CLSC et prévoit un ratio d’un intervenant pour 40 enfants à besoins particuliers. «Ça va déjà être beaucoup mieux que ce qu’on a en ce moment», indique Mme Grenon, qui tend la main au ministre pour l’aider à déployer son plan. 

«Bouchées doubles»

Elle applaudit particulièrement l’intention du ministre d’envoyer les orthophonistes, ergothérapeutes et autres professionnels sur le terrain, soit à la maison ou en garderie. «C’est en voyant l’enfant dans son milieu, en échange avec d’autres enfants, que le diagnostic va être précis et que l’intervention va porter fruit.»

Mme Grenon doute toutefois que les services professionnels, qui sont presque absents pour les 0 à 5 ans à l’heure actuelle au Québec, deviennent disponibles rapidement. «Il va falloir que le gouvernement mette les bouchées doubles.»

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) s’inquiète quant à elle de la volonté du ministre d’assurer des services de proximité, avec seulement une poignée d’intervenants par CLSC, qui couvre souvent de grands territoires. «Il faudra s’assurer de redonner aux CLSC les moyens de rebâtir leurs équipes professionnelles», croit Sonia Éthier, présidente de la CSQ.

La CSQ se questionne également sur l’efficacité de la plate-forme Web AIDE dans les régions qui n’ont toujours pas accès à Internet haute vitesse et pour les parents qui éprouvent des difficultés de littératie numérique. Cette plate-forme réfère l’enfant en difficulté au bon professionnel, avec la bonne intensité de soins. «Il serait nécessaire de prévoir un accès autre que numérique», croit la CSQ.