Le Parti québécois réclame une «réelle enquête indépendante» sur la gestion de la première vague de COVID-19 au Québec. Ce que le gouvernement et François Legault refusent de faire pour l'instant. 
Le Parti québécois réclame une «réelle enquête indépendante» sur la gestion de la première vague de COVID-19 au Québec. Ce que le gouvernement et François Legault refusent de faire pour l'instant. 

COVID-19: Legault refuse une enquête indépendante pour éviter d’être blâmé, selon le PQ

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Le Parti québécois réclame une «réelle enquête indépendante» sur la gestion de la première vague de COVID-19 au Québec. Ce que le gouvernement refuse de faire, parce que François Legault «ne veut pas être blâmé à un an des élections», affirme le chef intérimaire péquiste, Pascal Bérubé.

La coroner en chef du Québec, la protectrice du citoyen et la commissaire à la santé mènent toutes leur propre enquête plus ou moins restreinte sur la gestion de la première vague de COVID-19 au Québec. Mais rien là-dedans qui creusera du côté des responsabilités du gouvernement actuel, déplore M. Bérubé.

«Je me permets de rappeler qu’on ne dispose pas présentement d’une enquête indépendante avec un pouvoir d’assigner des témoins, comme c’est le cas en Ontario chez l’ami de M. Legault, M. [Doug] Ford. Ils ont eu le courage de faire ça. [...] Je ne sais pas ce que craint le gouvernement là-dessus, mais moi, je sais pourquoi on le demande, parce qu’il y a nécessairement des conclusions à tirer sur la responsabilité du gouvernement du Québec aussi», avance le député de Matane-Matapédia.

Cacher leurs responsabilités?

«Je sais pourquoi on a mis sur pied la commission présidée par Mme [Joanne] Castonguay [Commissaire à la santé et au bien-être du Québec]. Le gouvernement ne veut pas être blâmé, il ne veut pas qu’on découvre qu’ils ont leurs propres responsabilités. La faute n’est pas toute aux libéraux ou au temps où François Legault était ministre de la Santé en 2002. Il ne veut pas être blâmé à un an des élections. C’est pourquoi les discussions restent dans leur bureau», soutient M. Bérubé, qui s’adressait lundi matin aux médias avant le caucus préparatoire des députés de son parti en vue de la session parlementaire débutant mardi.

«C’est de s’assurer qu’il n’y ait pas de complaisance et que le gouvernement n’a pas mis en place une commission qui s’avère inoffensive. Vous savez, l’embauche du personnel, le transfert entre les établissements, le degré de préparation, tout ça ne relève pas des gouvernements précédents, ça relève de l’action actuelle, et du jugement, et la priorisation du gouvernement actuel. Je sais qu’il n’aime pas être critiqué, mais je répète que plus de 5000 morts, ce n’est pas une victoire, une défaite ou “on l’a échappé belle”. C’est des milliers de drames, et je ne voudrais pas qu’on banalise ça. On est les tristes champions mondiaux de cette catégorie-là, donc c’est un échec, la gestion de la pandémie.»

Les prochaines élections provinciales sont prévues le 3 octobre 2022. Il est raisonnable de croire qu’une enquête prendrait au moins un an avant de rendre son rapport, soit à un an du vote.

«Comme Maurice Duplessis»

«Arrogants», «désinvolture totale», «comme Maurice Duplessis». Pour ses quatre dernières semaines comme chef intérimaire — le PQ élira son nouveau chef le 9 octobre —, Pascal Bérubé ne compte pas épargner le gouvernement de la Coalition avenir Québec. «Pour les quatre prochaines semaines, on va se payer un peu la traite!» a-t-il lancé lors de son adresse d’ouverture à son équipe parlementaire, pour lancer le caucus présessionnel péquiste.

«On le sait que leur plan, c’est de marginaliser le Parti québécois, puis qu’ils aimeraient ça qu’il n’y en ait plus pour que, comme Maurice Duplessis, ils règnent sans partage pendant des décennies», a aussi dit le chef intérimaire péquiste aux journalistes parlementaires.

Selon lui, le seul succès du gouvernement Legault se trouve au département des communications.

«Jusqu’à maintenant, les gens se disent satisfaits de quoi? Bien, ils ont communiqué, puis ils trouvaient ça intéressant... Lui, il est drôle, puis il est là, puis il est là même les fins de semaine. Mais le vrai résultat, c’est... Pourquoi qu’il y a beaucoup plus de morts qu’ailleurs? Qu’est-ce qu’on a fait ou pas fait qui n’a pas marché? La gestion, c’est un échec, sur la base des chiffres. Quand on est 23 % de la population canadienne, le Québec, puis qu’on revendique 63 % des décès, je peux-tu vous dire qu’il n’y a pas de quoi se péter les bretelles, puis il faut rester humbles, et il faut se dire que, manifestement, ça ne marche pas.»