Andrew Scheer était de passage à Québec, vendredi, et a notamment rencontré Bonhomme Carnaval.

Constitution: Scheer fera écho aux demandes de Couillard

Le chef conservateur Andrew Scheer s'engage à faire écho aux demandes constitutionnelles du gouvernement Couillard dans son programme électoral de 2019.

En visite vendredi à Québec pour le traditionnel Carnaval, le chef de l'opposition officielle à Ottawa a dit qu'il y avait des «propositions très intéressantes» formulées par le Québec, alors qu'en juin, il était réticent à s'engager sur ce terrain.

Cela contraste avec la fin de non-recevoir qu'avait exprimée sans nuances le premier ministre libéral Justin Trudeau après la publication du document officiel du gouvernement Couillard en juin dernier.

Rappelons que le premier ministre Philippe Couillard a présenté l'an dernier la position constitutionnelle de son parti. Il reprend essentiellement les revendications constitutionnelles du Québec telles que contenues dans l'accord du lac Meech, en les actualisant.

Le dossier constitutionnel est devenu un terrain miné au Canada où peu d'élus osent s'aventurer. Toutefois, le chef conservateur a rompu les rangs vendredi, plutôt que de fermer la porte comme il l'avait fait en juin.

Dans un point de presse devant l'Assemblée nationale après avoir serré la main du Bonhomme Carnaval, M. Scheer a indiqué qu'il avait lu le document constitutionnel du gouvernement Couillard et qu'«il est normal pour un premier ministre du Québec d'être concentré» sur ces enjeux.

«J'ai eu des discussions avec mes collègues [sur la question]», a-t-il déclaré, en ajoutant que le Parti conservateur respectait toujours le rôle du Québec et le fait français.

«On va trouver des choses pratiques qu'on peut faire avec ça, a-t-il poursuivi. Notre programme électoral de 2019 va parler d'enjeux importants pour le Québec», en refusant toutefois de préciser les doléances du document constitutionnel auxquelles il entend répondre.

Aux élections fédérales de 2019, les Québécois pourraient donc voir des choix constitutionnels se dessiner entre les libéraux de Justin Trudeau, qui refusent de débattre de constitution, et les conservateurs d'Andrew Scheer.

Le Québec n'est pas signataire de la Constitution de 1982, malgré quelques tentatives de réintégration qui ont échoué, notamment les accords de Meech et de Charlottetown.

Dans le document intitulé Québécois, c'est notre façon d'être Canadiens, le gouvernement Couillard souhaite relancer les pourparlers constitutionnels, mais par une stratégie des petits pas, sans échéance.

Le Québec cherche à obtenir du Canada la reconnaissance formelle de la nation québécoise, de son identité propre, un geste politique qui, peut-on lire dans le document, ferait en sorte «que les Québécois ne se sentiraient plus exilés au sein de leur propre pays».

Le gouvernement Couillard réclame aussi des limites au pouvoir fédéral de dépenser, la garantie d'une représentation québécoise à la Cour suprême, un droit de veto sur les modifications constitutionnelles, ainsi que des pouvoirs accrus en matière d'immigration.

Rappelons qu'en juin dernier, M. Trudeau avait sèchement mis fin aux espoirs de M. Couillard sans même avoir lu le document. «Vous connaissez mes opinions sur la Constitution. On ne rouvre pas la Constitution», avait-il lâché en s'éloignant vers son bureau.

Andrew Scheer (à gauche de Bonhomme) et une partie de sa députation québécoise

Les vacances de la famille Scheer

Le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, a profité du Carnaval de Québec pour passer quelques jours en famille dans la capitale. Il était de passage, vendredi, au palais de Bonhomme.

Tradition oblige, la famille Scheer a effectué le lever de la jambe. Même s’il était accompagné d’une partie de sa députation québécoise, M. Scheer n’avait aucun autre message politique à livrer. Contre toute attente, c’est Bonhomme qui s’est commis. Il a proposé à M. Scheer d’inclure dans la plate-forme du parti la promesse d’un hiver à l’année pour prolonger le carnaval. À suivre à la prochaine élection.  Jean-François Néron