Plusieurs députés libéraux, de même que le chef par intérim du parti, Pierre Arcand, étaient présents lors du Congrès-Jeunes du PLQ.

Congrès-Jeunes du PLQ : le virage plus nationaliste du parti prend forme

Le virage plus nationaliste du Parti libéral du Québec (PLQ) commence à prendre forme, sur fond de reconnaissance des erreurs du passé.

Dans les rangs libéraux, certains admettent désormais ouvertement que l’ancien gouvernement Couillard n’a pas suffisamment mis de l’avant la spécificité québécoise et qu’il faut résolument aller de ce côté pour espérer reconquérir le cœur des électeurs francophones.

Autour du concept d’interculturalisme, les libéraux ont entrepris de donner au parti une couleur plus identitaire, axée sur une défense plus musclée de la langue française et sur l’affirmation de la différence québécoise.

L’enjeu fait partie des sujets à l’ordre du jour du congrès-jeunes du PLQ, qui se tient tout le week-end à l’Université Laval, à Québec. Une des résolutions à l’étude porte sur la pertinence d’adopter une loi proclamant l’interculturalisme comme modèle en vigueur au Québec pour favoriser l’intégration des immigrants à la majorité francophone.

L’idée de donner un encadrement législatif au concept d’interculturalisme, d’abord proposée par la commission Bouchard-Taylor, il y a une dizaine d’années, avait été reprise par le gouvernement Couillard, qui en avait fait un engagement sans toutefois y donner suite.

Le 37e congrès de l’aile jeunesse du PLQ devrait réunir quelque 400 jeunes militants appelés à prendre position sur divers sujets, dont la promotion d’une économie verte.

Plusieurs députés libéraux, de même que le chef par intérim du parti, Pierre Arcand, sont aussi présents sur les lieux.

Lors du dernier scrutin, l’électorat francophone a boudé massivement le PLQ, qui a été chassé du pouvoir et pratiquement décimé à l’extérieur de la région de Montréal.

Or, pour regagner l’appui des électeurs, le parti «doit montrer aux Québécois francophones son intérêt plus élevé sur des questions comme la question de la langue, les efforts qu’on fait sur le plan culturel», a commenté en mêlée de presse M. Arcand, samedi matin.

Les libéraux doivent montrer qu’on est «très Québécois, au sens le plus large», selon lui.

Le député de Lapinière, Gaétan Barrette, est allé plus loin en estimant que le gouvernement Couillard n’avait «pas été au diapason avec la population québécoise» sur le plan identitaire.

Il reproche au gouvernement précédent, dont il faisait partie, de ne pas s’être imposé «avec assez d’affirmation sur ce plan-là».

Du même souffle, il rejette catégoriquement le modèle du multiculturalisme à la canadienne, pourtant vanté ces derniers jours par un des officiers du parti.

Il s’opposera mordicus à tous ceux qui sont prêts à prétendre que la culture québécoise en est une parmi tant d’autres. «Ce n’est pas une chose à laquelle j’adhérerai, jamais», prévient l’ancien ministre de la Santé, qui se dit toujours en réflexion sur son éventuelle candidature pour devenir chef du PLQ.

M. Barrette réagissait à la position contraire défendue récemment par le président de la Commission des communautés culturelles du parti, Mohammed Barhone, une position qui a créé un malaise certain au sein des troupes libérales.

Défenseur du multiculturalisme, M. Barhone a dit être fermement opposé à la proposition formulée par les jeunes libéraux en faveur de l’interculturalisme, car elle créerait selon lui «une hiérarchie entre Québécois».

Ses propos «n’engageaient que lui», a répliqué de son côté M. Arcand, affirmant que ce n’était pas là la position de son parti.

«M. Barhone n’a pas exprimé ce que le parti pense actuellement au niveau de l’interculturalisme», a-t-il observé.

L’idée de faire prendre au parti un virage nationaliste et d’adopter une loi sur l’interculturalisme plaît aussi à la députée de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, potentielle candidate à la succession de Philippe Couillard.

À propos du modèle d’interculturalisme «pourquoi on ne voit pas plus loin, puis on l’enchâsse dans un texte de loi à caractère beaucoup plus fondamental», a-t-elle commenté en mêlée de presse.

Mme Rizqy a ajouté qu’il ne fallait pas craindre d’éventuelles contestations judiciaires en vertu de la Charte canadienne des droits.

La seule candidate au leadership pour le moment, la députée de Saint-Henri-Sainte-Anne, Dominique Anglade, a qualifié la position des jeunes sur l’interculturalisme «d’extrêmement intéressante».

Selon elle, voilà une notion qu’il convient de «pousser davantage», mais elle refuse de se prononcer sur la pertinence de l’enchâsser dans une loi.

En gros, l’interculturalisme peut se définir comme un modèle qui privilégie une identité collective commune, sans pour autant nier les différences des groupes qui composent la société, tandis que le multiculturalisme fait la promotion de la diversité ethnique.

Développement durable

En matière de protection de l’environnement, les jeunes libéraux ont adopté toute une série de résolutions, souscrivant au ton alarmiste de leurs dirigeants.

Ils proposent notamment de doter le Québec d’une loi sur l’engagement climatique, qui viserait à contraindre le gouvernement en place à respecter ses engagements relatifs à la lutte aux gaz à effet de serre (GES).

Un gouvernement libéral devrait aussi déclarer «l’état d’urgence climatique», créer une Banque québécoise du climat et miser davantage sur les technologies vertes. La taxe de vente (TVQ) serait abolie sur les technologies vertes afin d’inciter les achats écoresponsables.