Marguerite Blais a fait ces aveux en Chambre, alors qu'elle était interrogée par le porte-parole libéral en santé, André Fortin, sur le manque de personnel au CHSLD Villa-Bonheur de Granby.

Compressions en santé: la ministre Marguerite Blais fait des aveux en Chambre

La ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, a reconnu, jeudi, que le gouvernement libéral dont elle était membre a sabré dans les budgets aux aînés.

«La personne qui sait qu'on a coupé dans les effectifs, c'est moi, a-t-elle déclaré en Chambre. Je le sais parce que j'ai joué, moi, dans le film. (...) On a coupé dans les effectifs pour atteindre les budgets.

«Tous les gouvernements qui ont été au pouvoir pendant des années ont coupé dans les effectifs pour arriver à un budget équilibré au niveau de la santé.»

Mme Blais a fait ces aveux en Chambre, alors qu'elle était interrogée par le porte-parole libéral en santé, André Fortin, sur le manque de personnel au CHSLD Villa-Bonheur de Granby.

Il lui a reproché d'accepter que des aînés ne reçoivent pas les soins appropriés. «Les patients restent couchés des heures dans des lits inondés d'urine, (...) comment la ministre peut accepter ça?» a demandé M. Fortin.

Il a souligné que Mme Blais en était à sa sixième année comme ministre des Aînés, «alors elle y connaît quelque chose».

«Oui, j'ai été ministre des Aînés pendant six ans, mais on ne m'avait pas confié la responsabilité des CHSLD», s'est d'abord défendue la ministre.

Elle a ensuite argué que la façon dont on traite les aînés relève davantage d'un problème de société. «Il y a un CHSLD à Saint-Augustin. On promet de le refaire depuis 25 ans. Il n'a pas été refait, ce CHSLD-là. Comment on peut accepter ça comme société? J'ai honte, M. le Président.»

Marguerite Blais a été ministre des Aînés pendant cinq ans sous Jean Charest, avant d'être exclue du conseil des ministres lors de la prise de pouvoir de Philippe Couillard.

Elle a continué de siéger comme députée libérale jusqu'en 2015, annonçant son départ de la vie politique quelques mois après la mort de son mari.

Elle a été recrutée par la Coalition avenir Québec (CAQ) à temps pour la campagne électorale de 2018, puis reconduite dans ses fonctions comme ministre responsable des Aînés lorsque le parti a pris le pouvoir.

Le secret autour des Maisons des aînés

Par ailleurs, les libéraux ont voulu savoir ce qu'il advenait des Maisons des aînés promises par la CAQ en campagne électorale.

L'annonce de ce «concept extraordinaire» sera faite «en temps et lieu», a affirmé Mme Blais, en offrant toutefois quelques bribes d'information aux députés de l'opposition.

Elle a déclaré que «la philosophie intérieure est faite, l'architecture est prête, les terrains sont pratiquement tous achetés, et toutes les régions du Québec sont au courant du nombre de places par région».

Où sont les terrains? Quels sont les plans d'architecture? Combien d'argent a été dépensé? «Je ne peux donner davantage de détails au sujet des Maisons des aînés pour le moment», s'est contentée de dire l'attachée de presse de la ministre, Marjaurie Côté-Boileau.

En campagne électorale l'année dernière, la CAQ avait qualifié les CHSLD d'endroits «que tout le monde redoute».

Elle avait fait miroiter le concept de Maisons des aînés, décrites comme étant de «petites unités de vie, climatisées, de 70 à 130 personnes», avec des «aires de circulation sécuritaires et verdoyantes où il fera bon vivre», avec aussi un «personnel assez nombreux pour avoir le temps de bien s'impliquer avec les résidants».

La promesse de la CAQ est de créer 2600 places dans une trentaine de Maisons des aînés d'ici 2022.