Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador

Commission spéciale sur la protection de la jeunesse: les Premières Nations veulent être dans le coup

Compte tenu de la surreprésentation des enfants issus des Premières Nations dans le système de la protection de la jeunesse, l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) réclame la nomination d’une personne issue des peuples autochtones à la coprésidence de la Commission parlementaire spéciale sur la protection de la jeunesse.

Dans un communiqué diffusé mardi, l’APNQL réitère l’importance d’inclure les Premières Nations dans tout processus de réflexion, «y compris les discussions qui détermineront le mandat de la Commission parlementaire spéciale». 

«Il sera primordial d’aborder le fonctionnement du système de protection de la jeunesse du Québec et sa relation avec les Premières Nations, et de revoir les interventions dans le but de mieux répondre à l’intérêt des enfants des Premières Nations», écrit l’Assemblée.

Surreprésentation

Selon son chef, Ghislain Picard, la surreprésentation des enfants issus des Premières Nations dans le système de protection de la jeunesse demeure «une réalité indéniable et préoccupante, et ce, à tous les stades d’intervention».

L’APNQL souligne que le nombre de signalements retenus pour évaluation chez les enfants des Premières Nations au Québec est 4,4 fois plus élevé que chez les allochtones, et que les enfants des Premières Nations sont 6 fois plus susceptibles que les enfants allochtones de voir leur sécurité ou leur développement compromis. De même, le taux d’enfants des Premières Nations placés par la Direction de la protection de la jeunesse est près de 8 fois plus élevé que celui des enfants allochtones.

En plus de la nomination d’une personne issue des Premières Nations à la coprésidence de la commission spéciale, qui sera présidée par Régine Laurent, l’Assemblée demande que les enjeux spécifiques aux enfants autochtones fassent partie du mandat de la Commission.