C’est la publication du rapport du coroner Luc Malouin sur la mort d’Éloïse Dupuis (photo), une jeune Témoin de Jéhovah décédée une semaine après son accouchement et qui avait refusé une transfusion sanguine, qui avait poussé Agnès Maltais à demander une commission parlementaire.

Commission parlementaire sur les sectes: du sable dans l’engrenage

Le projet de former un groupe de travail de parlementaires sur le phénomène des sectes — ou des «groupes à dérives sectaires» — a du plomb dans l’aile à l’Assemblée nationale.

En décembre, la députée péquiste Agnès Maltais et le libéral Pierre Reid réfléchissaient très sérieusement à cette possibilité. D’autres élus se montraient aussi intéressés.

Mais il semble qu’on ne s’entende pas aujourd’hui sur la place que doit occuper cet éventuel groupe de réflexion. M. Reid et d’autres estimeraient qu’il n’a pas à se constituer dans le giron d’une commission parlementaire.

Pour Agnès Maltais, il doit au contraire évoluer à l’intérieur — et non à l’extérieur — d’une commission parlementaire de l’Assemblée nationale du Québec.

La députée de Taschereau vient d’écrire au président de la Commission des institutions, Pierre-Michel Auger, à ce sujet. Elle le presse de convoquer les membres de la commission afin qu’ils «puissent échanger et statuer sur le bien-fondé» de tenir «des auditions pour examiner la possibilité que, sous le couvert de la liberté de religion, des gestes illégaux puissent être posés par des groupes à dérives sectaires sans être sanctionnés».

Officiel ou officieux?

En décembre, des députés, dont Agnès Maltais et Pierre Reid, avaient discuté de la possibilité que des parlementaires se penchent «sur les méthodes d’endoctrinement de sectes structurées» et leur impact «sur leurs membres, notamment quand ceux-ci sont en situation médicale d’urgence, en particulier les femmes». Une demande que Mme Maltais avait d’abord formulée lors du dévoilement du rapport du coroner sur le décès d’Éloïse Dupuis, membre des Témoins de Jéhovah.

Il s’agissait pour les parlementaires de lancer cet hiver les bases d’un travail de fond qui ne pourrait, cela étant, qu’être complété sous la prochaine législature — celle qui naîtra des élections générales du 1er octobre prochain.

Agnès Maltais et Pierre Reid ont tous deux annoncé qu’ils ne solliciteront pas de nouveau mandat lors des prochaines élections.

Qu’un premier groupe d’élus se constitue à l’intérieur ou à l’extérieur d’une commission parlementaire déterminera si celui-ci sera officiel ou officieux. L’enjeu est là.

À l’heure actuelle, rien n’indique que Mme Maltais, qui a lancé l’idée d’un examen parlementaire sur le sujet, voudrait s’associer à un simple groupe informel.