Le premier ministre Justin Trudeau devant Rideau Hall à Ottawa, en 2018. Il devra maintenant choisir ses ministres parmi un nombre restreint de députés.

Cinq choses à observer pour le prochain conseil des ministres

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau dévoilera mercredi la composition de son nouveau conseil des ministres.

Le nombre de ministres

Au moment de la dissolution de la Chambre des communes, le conseil des ministres comptait 34 membres. On dénombrait aussi des dizaines de secrétaires parlementaires. Cette fois-ci, M. Trudeau devra choisir parmi un nombre inférieur de députés. De nouveaux enjeux ont vu le jour. Si un plus grand conseil impose un plus grand nombre de secrétaires parlementaires, M. Trudeau doit aussi choisir des élus compétents pour les comités parlementaires et nommer un leader du gouvernement ainsi qu’un whip.

Qui fera quoi

Au cours des quatre dernières années, M. Trudeau a remodelé certains ministères. Il a ainsi créé deux ministères importants pour s’occuper des questions autochtones : l’un portant spécifiquement sur les relations entre la Couronne et les peuples autochtones et l’autre axé sur les services aux Autochtones. Au début de son premier mandat, M. Trudeau s’était réservé les Affaires intergouvernementales canadiennes avant d’en confier les responsabilités à Dominic LeBlanc en 2018. Comme les relations entre le gouvernement fédéral et les provinces sont souvent tumultueuses, ce poste est fortement exposé. Le premier ministre avait aussi créé un poste spécifiquement consacré à la sécurité des frontières et au crime organisé, en partie à cause de l’afflux de demandeurs d’asile à la frontière. Cette question demeure d’actualité, mais consomme moins d’énergie cependant que les conséquences des changements climatiques se font de plus en plus pressantes.

Ceux qui ne reviendront pas

Des ministres ont perdu leur siège de député, le 21 octobre : celui de la Sécurité publique Ralph Goodale et son collègue des Ressources naturelles, Amarjeet Sohi. M. Trudeau devra aussi trouver des solutions à l’absence d’élus de son parti en Alberta et en Saskatchewan. Quel sort réservera-t-il aux deux ministres qui doivent suivre des traitements contre le cancer, Jim Carr et Dominic LeBlanc?

Diversité

À l’extérieur du Canada, on ne prête guère d’attention aux subtils calculs ministériels. Toutefois, un court commentaire de M. Trudeau à la suite de sa décision de composer un conseil des ministres comptant autant d’hommes que de femmes avait défrayé la chronique. «Parce que nous sommes en 2015», avait-il répondu à la question de savoir pourquoi c’était important pour lui. Aux dernières élections, les libéraux ont faire élire 52 femmes. Toutefois, certains lui avaient reproché à l’époque de ne pas avoir été assez loin pour refléter la diversité raciale du pays. Fortement critiqué après la publication de photo le montrant le visage barbouillé de noir au cours d’une fête au début des années 2000, M. Trudeau sera-t-il tenté par l’idée de composer un conseil des ministres avec des personnes provenant de différentes origines ethniques?

Qui fera quoi (bis)

Beaucoup d’observateurs se demandent si Chrystia Freeland demeurera ministre des Affaires étrangères ou si elle sera nommée à un autre poste important. L’actuelle ministre de l’Environnement, Catherine McKenna, qui s’est exprimée ouvertement contre le harcèlement et les menaces subies pendant son mandat, pourrait jouer un rôle différent. M. Trudeau examinera sa liste de recrues pour déterminer si l’une d’entre elles est digne d’un poste immédiat au conseil des ministres ou si elles devront faire leur classe à titre de secrétaire parlementaire. On pense notamment à Adam van Koeverden et à Steven Guilbeault.