M. Legault avait dit et écrit en 2018: «Avec un gouvernement de la CAQ, les nominations partisanes et les petits amis, ce sera terminé, les nominations seront faites sur la base de la compétence.»

Catherine Loubier à New York: pas une nomination partisane, selon Legault

La nomination d'une proche de la Coalition avenir Québec (CAQ) à la tête de la délégation générale du Québec à New York n'est pas partisane, a assuré jeudi le premier ministre François Legault.

«Compétence, compétence, compétence», a riposté le chef caquiste dans une mêlée de presse improvisée avant d'entrer en Chambre jeudi matin.

L'opposition accuse la CAQ d'avoir nommé mercredi une de ses amies à New York, alors que pourtant ce parti dénonçait les nominations partisanes du précédent gouvernement libéral et s'était engagé à ne pas placer ses amis dans l'appareil.

Catherine Loubier était directrice adjointe du cabinet du premier ministre jusqu'à la semaine dernière. Elle a été responsable du comité de transition de la CAQ, qui était en contact avec le précédent gouvernement Couillard pour s'occuper de la passation des pouvoirs. Auparavant, elle était responsable des communications dans le gouvernement conservateur de Stephen Harper.

M. Legault avait dit et écrit en 2018: «Avec un gouvernement de la CAQ, les nominations partisanes et les petits amis, ce sera terminé, les nominations seront faites sur la base de la compétence.»

À la période de questions en Chambre, la députée libérale de Saint-Henri - Sainte-Anne, Dominique Anglade, a laissé entendre que le premier ministre avait une dette envers Mme Loubier pour services rendus.

«Le premier ministre se targue de ne rien devoir à personne. Est-ce que le premier ministre peut reconnaître qu'il doit quelque chose à Mme Loubier?» a demandé Mme Anglade.

Le député Gabriel Nadeau-Dubois, de Québec solidaire, a même ironisé en s'en prenant au ministre délégué Éric Caire, député de La Peltrie, qui autrefois déchirait sa chemise chaque fois que les libéraux faisaient une nomination.

«Quand ce sont les petits copains de la CAQ, ça, par contre, c'est correct. Ma question pour le shérif de La Peltrie: est-ce que ça fait mal, se tirer dans le pied?»

«Si Mme Loubier n'avait pas fait la transition de la CAQ, aurait-elle eu la job?» a formulé la porte-parole libérale en relations internationales, Paule Robitaille.

«C'est une personne (Mme Loubier) que je ne connaissais même pas il y a six mois, je ne sais pas c'est quoi votre définition de petits amis», a répondu M. Legault en point de presse.

Son gouvernement s'était aussi engagé à faire le grand ménage dans le réseau diplomatique québécois et à donner un virage économique aux nominations, pour en faire autre chose qu'un outil de récompense politique.

Or Mme Loubier n'a pas un profil essentiellement économique: elle possède un baccalauréat et une maîtrise en science politique, mais elle a travaillé aux communications du géant automobile Renault-Nissan-Mitsubishi à Paris.

«C'est la meilleure personne pour le poste, elle connaît les entreprises», a argué M. Legault.

En Chambre, la ministre des Relations internationales, Nadine Girault, a également plaidé que Mme Loubier «a un réseau de contacts important au niveau international».

Mercredi, après l'annonce de la nomination, Mme Girault avait précisé que plusieurs personnes sur la liste de candidatures étaient pourtant qualifiées pour le poste à New York, mais il y avait apparemment un bémol: «Encore faut-il que les gens veuillent déménager.»

Mme Loubier succède à Jean-Claude Lauzon, qui avait été nommé là par le gouvernement Couillard en 2014.