André Boisclair s'est adressé au médias après sa comparution au palais de justice de Québec, jeudi.

Capacités affaiblies: Boisclair plaide coupable

L’ancien ministre André Boisclair a plaidé coupable jeudi matin aux accusations de conduite avec les capacités affaiblies, refus de souffler dans l’ivressomètre et entrave à la justice.

L’ancien ministre André Boisclair est coupable de conduite avec les capacités affaiblies, de refus de souffler dans l’ivressomètre et d’entrave à la justice. Il devra payer une amende de 2000$ et pourra bénéficier d’une absolution inconditionnelle pour l’accusation d’entrave.

Vêtu d’un complet bleu, l’homme public âgé de 51 ans est entré d’un pas rapide dans la salle d’audience et s’est assis seul en première rangée. Lorsque son tour de comparaître est venu André Boisclair, jusque là sans antécédent judiciaire, s’est d’abord avancé vers son avocat Me Charles Levasseur avant d’être redirigé devant le juge, à la place des accusés.

L’ex-chef du Parti québécois a été arrêté aux petites heures du matin le 9 novembre 2017 après que sa voiture soit entrée en collision avec un lampadaire sur la rue Saint-Joseph, à Québec. Des

André Boisclair venait de passer la soirée avec des amis à la Champagnerie, un bar à bulles situé à quelques pas du lieu de l’accident.

L’ancien député, fortement intoxiqué, a été conduit à la centrale de police du parc Victoria.

Durant deux heures, il a refusé d’obtempérer aux ordres du policier qui voulait recueillir un échantillon d’haleine.

Vers 3h35, André Boisclair a aussi proféré des paroles intimidantes envers deux agents, en les menaçant de recours en déontologie et de poursuite au civil. «Les policiers se sont sentis un peu déstabilisés par ces propos-là, a indiqué le procureur de la Couronne, Me Jean-Philippe Robitaille. Ce n’est pas n’importe qui qui les a prononcés. Ils ont pensé que monsieur était peut-être capable de les mettre à exécution.»

André Boisclair avait été libéré sous promesse de comparaître le 15 février.

Quelques heures après son arrestation, André Boisclair avait fait son mea culpa sur sa page Facebook et avait annoncé qu’il allait assumer rapidement les conséquences de ses actes.

Amende de 2000$

Le juge Gilles Charest de la Cour du Québec a accepté la suggestion commune des parties, soit une amende de 1000$ pour la conduite avec les capacités affaiblies et une deuxième, aussi de 1000$, pour le refus de souffler dans l’ivressomètre. Ce sont les peines minimales prévues par la loi pour une première infraction du genre.

Il sera interdit à André Boisclair de conduire pour une période d’un an.

À la suggestion de la Couronne et de la défense, le juge a aussi prononcé une absolution inconditionnelle pour l’accusation d’entrave. André Boisclair a déjà fait un don de 2000$ à L’Auberivière.

L’absolution inconditionnelle est octroyée quotidiennement à des accusés sans antécédent judiciaire, fait remarquer le procureur de la Couronne. «À mes yeux, M. Boisclair n’a pas bénéficié d’un traitement de faveur et n’a pas acheté son absolution avec un don, assure Me Jean-Philippe Robitaille. L’absolution tient compte du fait que c’était des paroles proférées sous le coup de son intoxication et elles n’ont pas eu de conséquences puisqu’il a été traduit en justice.»

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Une «erreur?»

Tout de suite après son plaidoyer de culpabilité, André Boisclair a lu une courte déclaration devant les caméras. «Je suis soulagé qu’il n’y ait aucune autre conséquence que sur moi-même, a dit M. Boisclair. Personne d’autre ne subit les conséquences de cette erreur que j’ai commise. J’espère que cette histoire rappellera à tous qu’il ne faut jamais boire et conduire.»

Le procureur de la Couronne Me Jean-Philippe Robitaille ne croit pas qu’on puisse parler «d’erreur de jugement» lorsqu’on conduit après avoir bu. «C’est un acte de négligence, affirme Me Robitaille. Les probabilités d’être impliqué dans une collision augmentent de façon très importante lorsqu’on conduit après avoir bu. Les gens le savent, sont au courant des risques et des conséquences et à mes yeux, on ne peut plus parler d’erreur de jugement.»

L’ancien député de Gouin est aujourd’hui PDG de l’Institut de développement urbain du Québec (IDU).