En 2018, 72 % du verre consommé par les foyers québécois s’est retrouvé au dépotoir.

Bouteilles de vin: unanimes, les députés réclament la consigne

Après quelques déchirements, tous les députés de l’Assemblée nationale se sont finalement entendus pour réclamer qu’une consigne soit imposée sur les bouteilles de vin et de spiritueux au Québec.

Pour la députée solidaire Ruba Ghazal, le dépôt jeudi du rapport de la Commission des transports et de l’environnement sur les enjeux de recyclage et de valorisation locale du verre constitue «une victoire». «C’est la première fois dans l’histoire du Québec que tous les partis sont en faveur de la consigne sur les bouteilles de vin et de spiritueux de la SAQ», se réjouit-elle.

Plus tôt cette semaine, les discussions entre les partis étaient dans l’impasse et la publication du rapport était compromise. Mme Ghazal est heureuse que ses collègues députés de la Coalition avenir Québec (CAQ), du Parti libéral du Québec (PLQ) et du Parti québécois (PQ) aient accepté de mettre de l’eau dans leur vin. 

«Tous les élus vous disent, aux lobbyistes anticonsigne, que l’important, ce ne sont pas vos intérêts économiques, mais c’est bien le bien commun. Et le ministre Charette doit continuer à résister aux lobbyistes», commente-t-elle. 

La députée espère que le Québec réussira à se sortir de la crise du recyclage, qui fait paraître les Québécois «comme des arriérés par rapport à la question du recyclage», selon elle. 

La commission parlementaire, qui a entendu 30 groupes à la mi-août, a accouché de neuf recommandations. En plus d’élargir la consigne, la commission recommande aussi de moderniser les centres de tri afin d’améliorer la qualité des matières triées, d’interdire l’enfouissement du verre, d’encourager le développement de débouchés locaux du verre et de bonifier les mécanismes permettant d’assurer la traçabilité des matières résiduelles. 

En 2018, 72 % du verre consommé par les foyers québécois s’est retrouvé au dépotoir. En commission parlementaire, la Société des alcools du Québec (SAQ) a causé la surprise en se montrant ouverte à la consigne des bouteilles de vin et de spiritueux, à condition que celles-ci ne soient pas rapportées dans ses succursales. 

Le ministre de l’Environnement Benoit Charette a réagi positivement à la publication de ce rapport, en rappelant que face à la crise du recyclage, «le statu quo n’est pas une option». 

«C’est un rapport d’une qualité qui est plus qu’intéressante et ce sera un bel élément pour nous pour s’inspirer», ajoute-t-il. D’ici quelques semaines, le ministre Charette présentera les mesures qu’il compte mettre de l’avant pour répondre à cette crise. 

Tweet «inopportun»

En lien avec les travaux de la commission, le président de l’Assemblée nationale François Paradis a rappelé à l’ordre M. Charette pour un tweet publié mercredi qu’il a qualifié «d’inopportun». 

La députée libérale Marie Montpetit a déploré sur Twitter que «la CAQ impose un rapport vide en refusant que les membres de la commission fassent leur travail». Ce à quoi le ministre de l’Environnement a répondu en imposant un ultimatum. «Vous avez jusqu’à 14 heures aujourd’hui pour accepter que le rapport de la commission contienne de véritables constats et recommandations. Il est temps pour vous d’agir comme la personne soucieuse de l’environnement que vous dites être. La décision vous revient.» 

S’il «prend acte» de la décision du président de l’Assemblée nationale, le ministre Charette croit ne rien avoir à se reprocher. «Je ne me suis pas immiscé dans les travaux de la commission.»